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08/08/2009

Enchevêtrements

La Roumanie achète/vend sa belle image européenne à une revue américaine, trois compagnies privées roumaines ayant apparemment sponsorisé la série d'articles intitulée "Romania New Europe Beckons". Dans le quotidien R.L. on lit que l'une de ces compagnies est connue pour avoir conclu des contrats à hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros avec l'Etat, dans le domaine des transports féroviaires (Imaginea Romaniei, pe mana lui Cristian Burci). Le MAE roumain (qui a reçu les journalistes) n'était pas au courant que les articles avaient été payés, et d'ailleurs, cela ne serait pas important, paraît-il.
J'ai voulu voir la série d'articles (http://www.foreignaffairs.com/about-us/sponsors/romania-n...). C'est du bon travail de publicité. Bien sûr, il y en a dans le même genre sur Euronews, à propos du Kazakhstan, de l'Ouzebékistan, mais ce n'est pas pour autant que je m'empresserais d'y aller. Premièrement, reconnaissons que la Roumanie n'est pas tout à fait l'équivalent de ces Etats indépendants, ne serait-ce que parce qu'elle a intégré l'Otan et l'UE.. Deuxièmement, je n'ai aucune idée si les leaders de ces pays-là trouvent les portes ouvertes en Occident, comme les politiques roumains. Bal de la Croix Rouge à Monaco? Ils y sont. Conférences, congrès, forums économiques, culturels internationaux ? Ils y sont. Les ministres et les députés roumains ont des comptes bancaires et des propriétés en Suisse, en France, aux US, les hommes d'affaires/diplomates roumains entretiennent de merveilleuses relations (Service contre Service) avec les autres hommes d'affaires/diplomates dans ce vaste monde, en vue d'une prospérité croissante - la leur, et celle de leurs héritiers, couverts déjà pour minimum trois générations.  Il n'y parviendraient pas s'ils ne bénéficiaient pas, exactement comme avant '89, des connexions qu'il faut, partout en Occident. Les enchevêtrements sont tels, quel que soit l'angle de vue, que vous détournez vite le regard et /ou vous retirez vite votre pied, en préférant de faire la bête.. C'est plus sain, mais surtout plus prudent.

22/05/2009

"Trouver un village sans chiens"(expression roumaine)

Lorsqu'on est normalement éveillé, et que l'on a surtout la possibilité de comparer, on peut remarquer que les compagnies étrangères s'implantant en Roumanie, presque toute origine confondue, et quelle que soit la forme -banques, franchises, filiales, marché pour travaux, etc.- ne tardent pas à s'adapter à notre milieu, tels des caméléons, comme si elles étaient entrées dans une zone où il faut changer de comportement. Comme un cadre qui, habitué d'aller à son travail en costume cravate, se décidait tout à coup pour une tenue ultra décontractée...On ne le reconnaît plus..Une alchimie secrète commence à agir sur la qualité des services, sur le contenu lui-même.
La société civile en Roumanie (associations, protection des consommateurs, etc) étant encore bien anémique (puisque les gros bonnets s'arrangent de toute façon, et puisque l'intérêt du simple citoyen ne compte pas), les compagnies étrangères trouvent un terrain où elles peuvent essayer (et réussir) ce qu'elles ne feraient pas chez elles...
 Après tout, la nature humaine étant ce qu'elle est (voir aussi le dernier scandale en date concernant les notes des frais des députés en Grande Bretagne...), ce qui distingue une société démocratique qui fonctionne d'une autre, ce n'est pas l'absence de tels écarts, ce serait de l'idéalisme, mais la vitesse de réaction quand ces écarts viennent au grand jour.. Des villages avec des chiens.
 
Déviation sémantique mise à part, rappelons qu'en Roumanie les chiens errants sont toujours nombreux et dangereux dans les rues des grandes villes, mais qu'ils ont appris à attendre au feu rouge pour ne pas se faire écraser par quelque Bentley nerveuse...
 

14/05/2009

De cause(s) à effet

 

( Ce n'est pas nouveau, c'est sans doute, déjà écrit quelque part, sur ce blog...).

Il arrive un moment, après un nombre d’années d’expériences concrètes, où vous constatez avec lucidité que dans les deux pays qui font partie de votre destin, la  Roumanie et la France, trouver des portes qui s’ouvrent suppose quelque chose qu’il faut obligatoirement détenir. La Roumanie corrompue, la France élitiste – le résultat peut être presque le même. Tout s’achète en Roumanie: une autorisation, des soins, un emploi, un simple job, un vrai poste, une position  politique, une paroisse...Les Roumains connaissent les prix, lesquels évoluent, bien entendu, et sont en fonction de facteurs précis (profession, région, établissement, etc.). Le fait est qu’ils en parlent le plus normalement du monde, sans révolte, « c’ est comme ça », comme si les pots-de-vin pour occuper n’importe quel emploi étaient un devoir, et ils sont toujours prêts à vous citer des exemples: 5000 lei/Ron (un peu plus de 1000 Euros) pour une place d’infirmière, 10000 lei/Ron pour une place d’assistante médicale.. Mais, c'est surtout le raisonnement accompagnant cette attitude, qui en dit long: « de toute façon, on les récupérera après… ». Lorsque vous entendez cela, vous comprenez que toute stratégie institutionnelle, aussi bien nationale qu’européenne contre la corruption vous apparaît comme une gesticulation inutile. C’est ethnique, c‘est historique.

En France, ce qui fonctionne vraiment bien, c’est l’administration de base, au service du citoyen qui a des droits et des devoirs (absolument vital, lorsque vous n’avez rien et personne d’autre que vous-même). D'accord, c'est déjà beaucoup, comparé à d'autres horizons. A part cela, vous ne parvenez quasiment à rien, vous pouvez ne jamais dépasser le niveau correct de votre inscription dans le social, si vous n’appartenez pas à une classe, à une catégorie, si vous n’êtes pas recommandé. Ici, l’argent peut ne pas tout faire, comme en Roumanie, et surtout le relationnel est d’une autre nature. Dans les deux cas, c’est la philosophie qui gagne.

Update. A moins d'une heure en train, à Cannes, comme chaque année en Mai, un autre monde pour deux semaines. Alors, cette chanson que j'ai trouvée en video, en souvenir du film "O Brother, where art you?".
 

06/12/2008

Le programme européen de formation EFTLV

L'Agence Europe Education Formation France (www.2e2f.fr) vient d'organiser une réunion  d'information sur l'un des 4 programmes qui composent le programme européen d'éducation et de formation tout au long de la vie (EFTLV), plus exactement sur le programme Leonardo da Vinci, à...Nice. Donc, si j'y ai assisté (quelques photos dans  l'album Couleurs d'automne), c'était pour entendre des porteurs de projets, et surtout pour voir si je pouvais trouver une niche de positionnement pour CEFRO.
 Mes conclusions: a) La Roumanie est quasiment inexistente en tant que partenaire, aussi bien dans les projets de Mobilités (j'y étais intéressée pour la Préparation pédagogique linguistique et culturelle -PPLC- que je pourrais offrir), que dans les projets de transfert d'innovation. b) L'agence française a un budget de 20,473 M Euros pour le programme Leonardo, et le nombre de projets validés est en général autour de 20. Si le maximum de financement pour un projet est de 300.000 euros (durée 24 mois), et si les fonds sont absorbés dans un nombre réduits de projets, alors, implicitement, ces projets seraient pour ainsi dire, d'une certaine envergure et surtout portés par de grosses structures -des organismes publics en priorité (après tout, il s'agit des domaines de l'éducation nationale et de la formation professionnelle et de l'emploi). Les encouragements adressés aux PME et aux TPE (moyennes et très petites entreprises) pour se lancer dans ce type de projets ne seraient que purement formels et politiquement corrects. Jusque là, rien de nouveau. CEFRO est une toute petite structure, donc, elle ne pourrait être porteur de projet, mais elle pourrait être partenaire ou sous-traitante dans le projet. Elle peut participer au travail qui se fait en amont d'un projet, celui qui consiste à analyser les besoins, la motivation ("l'état de l'art"). c) Je crois qu'un projet de type institutionnel et politique (réforme institutionnelle, plus précisément) pourrait très bien figurer dans le cadre du programme Leonardo. Par exemple, on ne sait que trop quel est l'état du système de santé roumain -le brouillard administratif d'une part, la corruption endémique d'autre part. C'est pourquoi, je souhaiterais proposer, à qui voudrait l'entendre, un projet de transfert d'innovation depuis la France vers la Roumanie (formation du personnel administratif, éducation anti-fraude, préparation en vue de la mise en place d'un système Carte vitale, ce qui limiterait la corruption, etc.). Connaissant bien les deux pays, je pense sincèrement qu'une machine dans laquelle vous êtes un numéro référencé selon vos droits vaut mieux qu'une corruption personnalisée. Et cela est valable pour d'autres administrations en Roumanie, où un transfert d'innovation est nécessaire. L'important est que tous ces fonds qui passent à travers des programmes européens soient affectés à des projets qui servent effectivement à améliorer la qualité de la vie, qui soient viables, et pas uniquement valides parce qu'une armée de techniciens et d'évaluateurs brillants (dont ils font le métier...) les ont trouvés parfaits de point de vue...technique. Les impacts dont on aime parler autant devraient être mesurables et visibles plutôt au quotidien, et toucher le plus grand nombre de personnes. N.B. Voir dans la liste Cefro en haut à droite un document pdf à ce sujet -Lettre CE/PE -lettre envoyée avec AR et réceptionnée le 16/18 Octobre dernier..