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20/08/2010

Nos Roms (2)

Et voilà, les premières « vagues » de Roms retournent « de leur plein gré » dans leurs pays d’origine, avec 300 euros en poche, juste de quoi tenir pendant deux-trois mois, là où leur présence est, paradoxalement, encore moins souhaitée qu’en France. Dans ce contexte, les médias français ont essayé de trouver un ton plus nuancé –le journal télévisé de France 2 ne nous a pas montré des gens édentés qui parlent quelques mots de français, mais une jolie fille, Diana, s’exprimant parfaitement en anglais, et une autre, la petite Carmen, formulant en français son désir de continuer d’aller à l’école. Un peu plus de dignité, quand même. Comme quoi, toute démonstration est régie par l’intention, ou plus exactement par la morale de l’intention.

Le Ministre français de l’Intérieur attendrait de voir la valeur ajoutée européenne dans des programmes pour les Roms…

 

Je me dis que le jeu de la balle (re)jetée d'un camp à l'autre (il y a trois camps -la CE, les pays d’origine, les pays d’accueil) va continuer. Hier, j’étais en train de ranger des dossiers, et j’en ai rempli tout un sac poubelle, avec un profond sentiment d’amertume et de dégoût. Il s’agissait bien de mes dossiers depuis dix ans, dans lesquels je proposais en France mes compétences spécifiques, ma double culture roumaine et française, de niveau élevé, ma disponibilité et mon énergie pour intégrer des programmes d'éducation et de formation.. La réponse a été une indifférence totale, et des portes fermées.. Alors, les Roms..Je pense que l’hypocrisie n’est pas qu’un élément diplomatique parfois, mais aussi un élément culturel.

 

P-S. du 01/09- J'ai eu l'occasion (et la surprise..) de dire quelques mots sur ce sujet dans une vidéo de 2 minutes visible sur http://cafedemo.free.fr (où je recommande aussi ce blog).

 

 

P-S. du 03/09- J'aime beaucoup cette chanson roumaine et cette interprète (décédée en '72): 

 
 

15/08/2010

Nos Roms

Ce matin, j’étais en train de prendre un café dans le Vieux-Nice avec une amie de longue date, que je ne revois pas si souvent que je le souhaiterais. Sur la table, le journal local. Une jeune dame assise à côté nous le demande, jette un regard sur les titres et nous le rend aussitôt, avec un commentaire assorti à l’article qui fait la une : un cas d’agression contre deux touristes « française et américaine », les auteurs - trois Roumains..J’ai considéré qu’il ne valait pas la peine de répondre à un tel discours, mais mon amie a tenu pourtant à dire son mot –et cela non pas principalement par égard pour moi, mais parce qu’il se trouve que c’est une Française de convictions et d’engagement. Heureusement que la France peut aussi montrer ce visage-ci.

En ce moment, la presse roumaine est comme une écorchée vive, elle reflète fidèlement les moindres réactions et propos de ses voisins européens (aujourd'hui, ce sont les Français, il y a quelques mois c’étaient les Italiens). Les Eurocrates, eux, semblent bien gênés par ce qui est devenu un casse-tête législatif: comment expulser les Roms, qui sont des citoyens européens, comment les intégrer/les réinsérer quand cela ne préoccupe en réalité ni les pays d’origine, la Bulgarie et la Roumanie, ni les pays d’accueil soit disant. La Roumanie vient de nommer un officiel chargé des problèmes des Roms à l’étranger, c'est juste une réponse diplomatique aux visites de Monsieur Pierre Lellouche, le Secrétaire d’Etat français. Pendant ce temps, les milliards d’euros européens attendent des programmes et des projets que personne ne veut faire. Et pourquoi donc? Là, c'est un autre sujet.. Apparemment, l’Alliance pour les Roms en Roumanie avait reçu certains fonds, mais on n’en a rien vu, comme résultat.

Quoi qu'il en soit, pour celui qui est de bonne foi et qui vit avec son temps, et pas à une époque révolue, il devient évident que des comportements ne pourront changer là où l’éducation est absente. La France continuera de compter les millions dépensés pour faire expulser les Roms vers leurs pays d’origine, lesquels pays attendront de voir à l’œuvre le célèbre savoir-faire français en matière d’intégration (programmes d'éducation et de formation, etc.).

Phoenix - Mica tiganiada (Bucuresti, 22.05.2005)

P-S. J'aimerais partager la video qu'une participante à l'un de mes cours vient de m'envoyer: le Danube et son parcours. On comprendra peut-être ainsi mieux la Roumanie et la Bulgarie, en remarquant les différences saisissantes avec leurs autres voisins (voir Video.Danube dans la Liste Cefro, à droite). Enfin, moi, j'ai vu cela, c'est ma grille..

04/06/2010

L'expérience de Milgram

Vous avez remarqué, peut-être, que des théories célèbres de la psychologie sociale, d'origine anglo-saxonne pour la plupart, reviennent en force, par exemple les théories du care, des années '80, remises au goût du jour par une certaine urgence à trouver l'articulation entre l'éthique et la justice. Il en est de même à propos d'une autre expérience bien connue, celle de Milgram sur la soumission à l'autorité (encore plus ancienne, 1963, mais connaissant de nombreuses variantes et actualisations, dont une très récente, dans un jeu télévisé sur France 2). Les observations de Milgram portent sur les situations d'obéissance de la vie quotidienne jusqu'aux grands événements de notre histoire, comme la Seconde Guerre mondiale. Il conclut que ceux qui se soumettent aveuglément aux exigences de l'autorité ne peuvent prétendre au statut d'hommes civilisés.. Bref, l'individu se maintient dans un état "agentique" (agent qui exécute une volonté étrangère) aussi longtemps qu'il n'y a pas de tension, laquelle est le signe de désapprobation à un ordre de l'autorité. Il va essayer de baisser la tension, par certaines réactions, mais il arrivera à la désobéissance finale seulement lorsqu'il ne pourra plus faire diminuer le niveau de tension..
Or, là, c'est affaire de conscience individuelle.. L'expérience me fait penser à l'obéissance des Roumains devant cette nouvelle autorité démocratique, après l'autre autorité communiste.. Comment est-il possible qu'ils acceptent ce qui se passe? Simplement, ils acceptent comme d'autres le font ailleurs, en Géorgie, au Kazakhstan, en Ukraine...(regardez un classement de la corruption et des droits de l'homme). C'est la conscience individuelle qui a été mutilée, corrompue, et à ce stade-là, il n'y aura plus de tension, car plus de conflit...On s'arrange, on s'accommode, on va survivre, en enjambant des cadavres. Pourquoi mimer la protestation dans des grèves avortées ou des meetings en pas de danse, avec quelques milliers de personnes de bonne humeur et révoltées devant les micros? Justement, parce que l'on sait que démocratie oblige, et qu'il faut organiser le cirque de la liberté d'expression...Et ces 50 retraités d'une ville pourrie qui viennent de se rendre à Bucarest pour s'enchaîner devant le palais du gouvernement, filmés sous tous les angles et occupant la une des journaux officiels? En matière de manipulation de l'expression démocratique on a déjà eu une bonne école, mais le comble est que ce sont les milliardaires en euros d'aujourd'hui, les mêmes que ceux du pouvoir d'hier, qui s'érigent en activistes démocrates et qui pourfendent...la corruption! Update. Exemple tout frais (ce matin, le 5/06) de manipulation qui frôle l'absurde: le quotidien central Romania Libera publie un éditorial (illustré par le drapeau national déployé..) sur une supposée analyse britannique selon laquelle la Roumanie est très bien placée pour sortir de la crise avant d'autres...Et l'article poursuit ses élucubrations dans une pure veine activiste...Où ont-ils pu dénicher pareille "analyse"? L'ont-ils payée? Non, mais, jusqu'où peut-on aller??!!

P.S. Tosca, j'aime bien, pour le contexte..
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24/04/2010

De mieux en mieux..

Le gendarme anticorruption roumain "étouffé" | EurActiv (enfin, "le gendarme anticorruption" -c'est assez excessif, mais comme il faut croire à quelque chose...)

L'UE est inquiète.. Une partie des Roumains aussi, pas tous, évidemment.

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