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01/05/2008

Feindre la transparence

Je suis allée en Roumanie (9-28 Avril) essentiellement pour organiser la cérémonie anniversaire de la mort de ma mère, et je suis restée aussi pour Pâques. Un séjour de vingt jours, c'est beaucoup. Mon portable chez SFR a basculé dès mon arrivée sur Connex ou Orange, et a fonctionné tout le temps comme un GPS, me localisant partout et encombrant ma messagerie. J'avais lu dans la presse qu'à l'occasion du sommet de l'OTAN des accords avec tous les opérateurs avaient été conclus pour que les conversations puissent être interceptées. Ils ont été prolongés, sans doute...J'ai donc profité de l'occasion pour expliquer à ma belle-fille, qui appelait des US sur la ligne fixe que j'ai en Roumanie, pourquoi ses courriers n'arrivaient pas à destination, à Galati ("they are checking, by curiosity, I don't know why...they are still active...it is Romania..., yes, you can try again..., no money, no photos..."). Pas de cyber cafés, tous ont disparu (sauf un, dans un autre quartier, et j'y allais tous les trois jours pour vérifier mes mails), en revanche, plus de 40 casinos kitch -je n'ai pas appris qui détenait le marché des jeux électroniques, mais quelle importance, après tout? Je suis tombée en pleine période électorale (les municipales), qui en Roumanie a son côté hallucinant. Avec toute la bonne volonté de suivre, vous perdez vite le fil. Qui fait quoi, où, et comment? La multitude de personnages politiques (à un moment donné, j'ai renoncé à comprendre ce qu'ils disaient, me limitant à observer ceux qui ne faisaient pas de fautes de roumain), les coups de théâtre, les coups bas, les promesses électorales combinées avec des dons en aliments (période pascale oblige). Dilemme: saucisses ou hamburgers?

J'ai tenu entre les mains les éditions-fleuve des quotidiens que je consulte d'habitude en ligne, pour y trouver ce que tout le monde sait normalement. Par exemple, que les ex- agents des services (internes et externes) dirigent aujourd'hui les domaines de l'énergie, de l'immobilier, enfin, presque tout: CUPOLA - EPISODUL III: Statul, parazitat de foştii săi spioni (pas besoin de traduction, vous faites défiler les articles et les épisodes, c'est clair comme dans les films muets...). Il existe quelque chose qui en Roumanie a été porté à sa perfection -c'est l'art de la diversion. Il est loin d'être mort, bien au contraire, il est vivant, grâce au recyclage, à la filiation, à la conversion. Il n'agit pas avec finesse, je l'ai déjà dit, mais par contamination, ce qui fait que rien de valable n'existe en dehors des réseaux. Voyons, supposons que vous ayez la patience de parcourir les articles en question (attention, l'accès au site du journal pourrait être plus lent), et que vous gardiez après un reste de lucidité. Qu'est-ce que vous trouveriez à reprocher aux personnes dont on parle? Ces gens-là n'ont fait que leur travail à une époque, et aujourd'hui, par une logique propre à certaines démocraties, ils sont aux commandes de l'économie et des affaires de l'Etat. Il faut préciser surtout qu'entre eux il y a des rivalités, d'où la transparence. Moi, en lisant ces articles transparents, je comprends que la Roumanie est un pays dirigé par les anciens agents des services spéciaux, devenus milliardaires, et qui se posent en vrais patriotes. Pas vous? J'ai une tante qui est d'avis que je manque de diplomatie, et que je ne réussirai pas à faire ce que je souhaite en Roumanie en continuant dans ce style, puisque ce sont ces gens-là qui ont le pouvoir, et que je n'ai rien. Justement...

C'est le 1er Mai, je reçois de Roumanie un message énervé m'expliquant comment tout s'achète, même la météo et la télévision, qui ont donné de bonnes prévisions pour ce week-end, pour que les gens fassent des réservations et aillent à la mer ou à la montagne, or le temps est un peu pourri (orages, inondations...). Conseil: regardez la météo sur Internet (moteur international), plutôt qu'à la télé.

P.S La série continue:Spionul-alchimist. Cela donne la chair de poule, ou dégoûte et révolte - c'est selon, mais je peux toujours traduire, malgré ma nausée, si vous le souhaitez.

11/01/2008

Les Fonds (I)

Huit membres du gouvernement roumain (ancien et actuel) attendraient le verdict du président de l'état pour faire l'objet d'une enquête du DNA (département national anti-corruption). Deux font partie de l'actuel gouvernement: le ministre de la justice et le ministre du travail. Ce dernier serait intervenu auprès de sociétés d'état pour que celles-ci accordent des conventions de formation professionnelle à la compagnie dirigée pars son fils: http://www.evz.ro/article.php?artid=332398
(apparemment, ce que laissait entendre la lettre que j'adressais l'année dernière à mon ancien collègue, aujourd'hui le ministre du travail, ne serait pas si loin de la vérité (sur ce blog la note du 20/06/2006, A Fortnight in Romania).
En Roumanie, le système médical va en se dégradant (le quotidien EVZ publie un dossier dans la campagne "L'hôpital nuit gravement à la santé": les mentalités communistes, la misère dans les hopitaux, les salaires bas, qui font que les médecins partent pour travailler à l'étranger et que les managers des unités sanitaires se confrontent avec un manque accru de personnel, la qualité en baisse de la formation médicale, la communication désastrueuse médecin-patient, les pots-de-vin presque obligatoires, résultats des frustrations des médecins, les urgences traitées avec du retard et de l'indifférence...(http://www.evz.ro/article.php?artid=335034)
L'article "La mort de Madame Lazarescu" ( http://www.evz.ro/article.php?artid=334896),
en pastichant le titre du film "La mort de Monsieur Lazarescu" (je l'ai vu cet été, en DVD, ...aux US, je le recommande) parle du cas d'une malade qui, transportée entre différents hôpitaux à Bucarest, finit par déceder d'un stop cardio-respirateur...
(C'est exactement cela, le système sanitaire en Roumanie: les gens ont peur d'aller à l'hôpital, c'est surréaliste, je le sais par expérience. Ma mère est morte dans un tel hôpital il y a quelques mois, et elle ne voulait pas y aller, mais en Roumanie le marché des bouteilles à oxygène étant inexistant, je n'ai rien pu apporter de France...)

05/05/2007

Annonce

Il est vrai que la Roumanie est en pleine crise politique, et ces conditions ne sont pas les meilleures pour attirer les investisseurs tant désirés. Ceux qui viennent d'ailleurs, ne sont pas des modèles d'intégrité, cela va de soi...Pas très loin, deux cents oligarches russes sont en train d'acheter tout Londres. L'Occident reste silencieux devant le pouvoir des oligarches, dont les liens avec les politiques se tissent discrètement et sûrement. Mais la Roumanie (et ses voisins) n'a pas ce que l'Occident a encore: une longueur démocratique d'avance. La France va faire son choix présidentiel demain. Quel que soit ce choix, et malgré une rhétorique grandiose, le vrai et insoluble problème est  comment créer du travail. Le reste est de la littérature, comme on dit...Bonne chance, anyway!
Je publie donc, ici aussi, ma petite annonce:
Owner of a small company in Romania, I am looking for a partner to start it. For several years, I was carrying alone the project of a Training Center between Romania and France, where I am a resident. My deep interest is to work within the triangle Romania-Europe-US, and an international center could have been a good idea, but I am available to see other suggestions. The company is a limited one, located in Galati, South-East of Romania. According to its status, the company may set other branches everywhere in Romania or abroad, in observing the same specific activity: trading, consulting, representation, professional training. Contact Mrs. Carmen Lopez serghie_carmen@yahoo.com

07/03/2007

Après l'Otan et l'UE

Un article (acest) paru dans Romania Libera réunit les opinions de quelques analystes. Elles m'ont semblé très justes, en voici un résumé. AM-P. Les deux objectifs après-Décembe '89 atteints -l'adhésion à l'OTAN et à l'UE-, il manque une vision globale sur l'avenir du pays. L'intégration européenne s'est faite pour des raisons politiques, et non pas parce que la Roumanie aurait le niveau. Si elle continue avec l'agriculture et le commerce, dans 20 ans elle deviendra une sorte de Turquie, alors qu'il faudrait développer les secteurs économiques basés sur l'intelligence. Nous n'avons rien à offrir, et si nous projetons nos ambitions à l'échelle nationale, on voit peut-être la Moldavie, cette région malheureuse dont nous ne savons pas trop quoi faire, et dont persone ne se soucie. L.S. La Roumanie se joint à l'UE avec de nombreux handicaps: image internationale négative, corruption supérieure aux niveaux régionaux, administration inefficace et coûteuse, cadre législatif déficient, classe politique rapace, aux mentalités dépassées, portant de fausses valeurs, manquant de professionnalisme et s'épuisant dans des luttes entre les personnes, les partis...Les politiciens plus jeunes proviennnent des proches des anciens, qui n'ont quitté la scène politique qu'une fois à la retraite. Peut-être qu'à long terme la Roumanie pourrait se positionner comme un pont entre l'UE et les voisins à l'Est, et comme un médiateur dans le bassin de la Mer Noire. T.G. Le plus grand défi de la Roumanie demeure sa classe politique. Après des scandales, des luttes, des aventures, les politiciens roumains se retrouvent depuis Janvier 2007 sur une île paradiasiaque qui paraît offrir la corne de l'abondance. Ils sont strictement préoccupés de leur petit univers, et pas du tout animés d'un réel sens de la responsabilité publique, or cette île risque d'être engloutie dans les flots de la première tempête politique dont les gros nuages s'accumulent déjà à l'horizon européen. Le rôle de la Roumanie dépend de ses politiques, qui doivent redéfinir leur personnalité et changer les vieilles habitudes. Les Roumains, qui ont connu la tyrannie communiste pourraient parler aux mandarins de Bruxelles des potentiels dangers menaçant la liberté et venant des directions connues ou nouvelles. A.L. La modernisation des institutions et une économie compétitive sont des facteurs primordiaux, mais ils sont freinés par la politisation excessive qui fait que des milliers de décisions exécutives sont tranchées dans les bureaux des partis au pouvoir, et que les citoyens regardent avec suspicion l'administration publique. Les pays qui ont fait le saut de l'économie compétitive il y a 30-40 ans, tels la Finlande, l'Estonie, l'Irlande ont massivement investi dans l'éducation et se sont orientés vers des domaines à forte valeur ajoutée -les High Tech. Les problèmes actuels majeurs -relation avec les US, avec la Russie, la sécurité énergétique, le danger du fondamentalisme islamique- ne représentent pas la proccupation du milieu politique roumain, plutôt médiocre et sans vision, ni celle de la société roumaine, dominée par la passivité et l'esprit de paroisse. 
J'ai sélectionné quelques exemples, pour la route. Si les faits datent d'avant 2007, cela ne veut strictement rien dire... L'Institut National de L'Administration a fraudé 3 programmes Phare à hauteur de 13 millions d'euros -embauches illégales, contrats fictifs avec des sociétés, personnes, associations, experts collaborateurs ne figurant nulle part, surfacturation des formateurs, etc(acest). Ou bien ceci. Les "gars futés" de chez Energy Holding ont demandé aux Russes de chez Alro 4 millions $ en échange de la possibilité d'acheter de l'énergie élecrique directement à l'Etat. "Alro a soutenu ou a motivé quelqu'un de l'Administration présidentielle avec 4 millions$", Energy Holding ayant joué l'intermédiaire entre Hidroelectrica, le producteur de courant et Alro, le consommateur („Băieţii deştepţi” au umblat cu valiza de 4 mil.$ ). Un peu compliqué, n'est-ce pas...Voyons un trafic plus simple, bas de gamme, mais lié à la conjoncture récente. De plus en plus de Moldaves, pour arriver en Occident se procurent de faux documents en Roumanie (3000-5000Euros). Un Moldave arrive légalement en Ro, contacte un intérmédiaire, celui-ci cherche un Roumain aux traits ressemblants à qui il propose 1000 Euros pour utiliser son identité, une fois le document obtenu il est vendu au Moldave avec 3000E (c'est cher, mais c'est parce que les Roumains voyagent vers l'UE uniquement avec leur carte d'identité). Pendant que ses concitoyens forcent les frontières vers l'Ouest, le Président de la Moldavie, dernier communiste tel quel en poste, menace le gouvernement roumain de mesures diplomatiques, car "le spectre de l'Union avec la Roumanie et la politique de Bucarest sont les principales causes de la destruction économique de la République Moldave..., qui elle, n'a pas besoin que la Roumanie lui impose des standards européens auxquels elle n'est pas arrivée non plus, ni d'avocats, ni de locomotives vers l'UE"(acest ). Et voilà. Mine de rien, selon les rapports la Moldavie est le principal distributeur de drogues en Europe http://www.evz.ro/article.php?artid=294583.