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23/02/2011

Pour qui sonne le glas?

Pour le colonel délirant, sans aucun doute. Mais également pour cette grande Dame qui porte plusieurs noms: Hypocrisie, Complaisance (et synonymes). Couramment, elle s'appelle Diplomatie. Ce sont les impondérables de l'Histoire qui ont pris la main. Quelqu'un, qui n'est pas quelconque, me disait avec cette pointe de cynisme propre à sa classe: "Qui pouvait prévoir que Monsieur Bouazizi ne supporterait pas que la police l'empêche de vendre ses légumes?" Pour ajouter ensuite: "Trop de pression, voilà ce que ça donne." Un tel raccourci des événements m'a laissée songeuse. Est-ce que cet embrasement n'est que le résultat d'une mauvaise gestion de la pression légitime? En d'autres termes, ces dirigeants-là n'ont pas su lâcher du mou, n'est-ce pas..Peut-être que l'Histoire en a assez, aussi bien de l'intelligence arrogante et méprisante, que des technocrates qui tournent en rond, et peut-être qu'elle choisit les anonymes munis de pierres et de portables pour l'écrire. Ce n'est pas trop tôt..
 
P.-S. Je prends "C dans l'air" en route au moment même où M.Antoine Basbous (l'un de mes préférés, d'ailleurs) dit quelque chose sur des mercenaires venus de l'Europe de l'Est. Je me souviens que le colonel délirant était un grand ami de Ceausescu, bien sûr celui-ci est mort, mais comme les réseaux ne meurent jamais..On le saura, à un moment donné.
P.P.-S. J'ai revu l'émission: il était question de mercenaires pilotes des Balkans, plus exactement.. Il est vrai que, dès que j'entends "l'Europe de l'Est", je pense "Roumanie" -identité ou douleur, ou les deux, en tout cas rarement objet de réjouissance...(et comme aujourd'hui, dimanche 27, j'ai fini la lecture d'un intéressant ouvrage pour mon prochain cours, j'ai voulu compléter la description du document Thèse, dans la Liste Cefro, Témoignages, colonne de droite).
 

06/02/2011

Vieux sujet..

Si je lis la presse roumaine en ligne, je m'arrête plutôt sur les faits -s'il y en a.. Je ne fais que survoler ces sujets-là qui traitent d'analyses économiques, des jeux politiciens entre tel ou tel parti, des propos tenus par tel ou tel personnage politique. Non seulement parce que c'est du temps perdu, mais aussi parce que ça me rend triste et misérable.. Entre un dossier sur lesquels de nos concitoyens sont les plus susceptibles de tomber dans les réseaux de trafic de personnes en Europe, un autre sur la politique agricole désastreuse et la ruine des petits producteurs, un autre sur l'augmentation hallucinante des suicides en deux ans, et un autre sur la corruption au sein de la douane à la frontière Est (avec l'Ukraine..), c'est ce dernier qui m'a particulièrement intéressée. 
Environ 70 personnes arrêtées, un mécanisme ingénieusement huilé impliquant tout le personnel de la douane, de la femme de ménage jusqu'aux responsables. Les pots de vins reçus s'élevaient à 25.000 euros en 12 heures de travail, c'est-à-dire environ 20 millions d'Euros pendant une année. Bien entendu, la Roumanie a plusieurs points de frontière, et il serait naïf de croire que celui-là est une exception, ou encore, de croire que les pots-de vin s'arrêtaient dans les poches des douaniers lorsque logiquement, une partie était destinée à la hiérarchie en dehors de la structure - ministères, partis politiques.
Le démontage  de cette "machine à fabriquer de l'argent" vient d'être très médiatisé. C'est une nouvelle victoire de la DNA (Direction nationale anti-corruption), et encore un de ces gestes démonstratifs que la Roumanie fait de temps en temps, en regardant du coin de l'oeil vers Bruxelles, surtout si Bruxelles donne des signes qu'elle a l'intention de sortir de sa torpeur diplomatique à propos de Schengen. N'ayez crainte...Le prochain rapport sur la Roumanie va être conforme à la pédagogie courante: "des efforts ont été faits, cependant il reste encore à faire dans le domaine de la justice", etc., etc.. (j'adore cette formule en bois laqué, elle me fait penser à une autre, que j'entends beaucoup en France en ce moment, sur les vertus du dialogue, en l'occurrence entre un peuple poussé à bout et son dictateur.., c'est beau..). 
 
 
 

21/11/2010

L'Otan/Lisbonne/La séquence..

Bien sûr, j'ai vu la séquence qui a intrigué la presse internationale, et j'ai lu presque les mêmes phrases dans tous les journaux. Malgré tout, j'ai eu de la peine pour le Président roumain. Le problème hautement sensible de la sécurisation des frontières à l'est de l'UE (Roumanie et Bulgarie) a l'air d'être devenu aussi préoccupant seulement pendant ces derniers mois avant la date fixée pour l'entrée dans l'espace Schengen.
C'est-à-dire, c'est maintenant que d'autres pays de l'UE semblent découvrir que les deux derniers entrés n'ont pas réussi à régler certains problèmes essentiels..
On sait bien que l'Europe manque de cohésion politique, mais est-ce qu'on a tendu la main à ces deux derniers - the black sheep en deux exemplaires - pour faire avancer le projet de cette adhésion qui concerne tout le monde? Cela fait quelques années depuis que l'on parle de sécuriser la frontière entre la Roumanie et la Moldavie. J'ai suivi cet aspect avec beaucoup d'intérêt et d'espoir aussi, car ma ville, Galati, où je voulais monter un projet (via la France.., ce blog en témoigne) est située exactement dans ce point-là (et comme c'est de nouveau le sommet de l'Otan, je relis de nouveau la lettre que j'écrivais en 2005, elle est dans la Liste Témoignages, De mes démarches). C'était une initiative, pourquoi pas? Il suffit de regarder de plus près, d'avoir un peu de courage, de créativité, de sincérité et de bonne foi (ingrédients difficiles à trouver en politique de nos jours, je suis d'accord).

16/09/2009

Actualités européennes

Deux articles ont retenu mon attention pour cette rentrée. Le premier, paru dans le quotidien central RL, Romania are cel mai lenes Parlament din Europa -"La Roumanie a le Parlement le plus paresseux de l'UE", présente les conclusions d'une étude qui a été réalisée à Bruxelles, et qui constate l'absence de réaction de la part des députés et des sénateurs de Bucarest aux décisions prises par la Commission Européenne.
Les parlementaires roumains manifestent une indifférence quasi totale à l'égard des mécanismes communautaires, en se retrouvant ainsi en dernière position dans le classement de l'activité réalisé par la CE. Un député roumain explique que "dans toute cette période, la Roumanie a eu d'autres priorités que celle de jouer un rôle dans l'UE, parce qu'elle a été préoccupée d'abord par des aspects de politique nationale". Il est vrai que la Roumanie a moins d'expérience que ses voisins (la République Tchèque, par exemple), mais aussi que les parlementaires roumains ne parlent aucune langue étrangère, ce qui ne facilite pas la connaissance de la législation européenne. Les hommes politiques roumains se désintéressent de la politique européenne, et implicitement de la manière dont la politique nationale pourrait se connecter à celle-là. "Il est plus facile d'avoir un comportement de subordonné, que de partenaire égal."
N.B. L'un des Europarlementaires roumains fraîchement élus, notre berger national multimillionnaires en euros, propriétaire du club de football "Steaua" Bucarest, vient de prononcer/lire un discours (soigneusement préparé par son assistante) de 50 secondes à Bruxelles, devant le Parlement. Il a été apprécié pour sa concision..
Le second article est celui-ci: Commission européenne : un bilan désastreux dix ans après la grande crise de 1999
Et aussi:
 
Update. 17/09.
Peu familier de la langue de bois diplomatique, notre europarlementaire aurait souhaité à M.Barroso "la sagesse de Solomon", et lui aurait prédit qu'il sera réélu à la tête de la CE, "avec la grâce de Dieu"..Ce qui arriva.
La Roumanie reste fidèle à elle-même (et à une sorte d'esprit Tristan Tzara -le rôle du hasard, le dada..), avec ses personnages pittoresques, avec son administration à la limite de l'absurde, car on n'est jamais certain comment, et surtout si, une loi nationale ou européenne est appliquée, concrètement.
C'est un peu différent d'une autre administration, celle que je connais encore mieux, et qui peut s'avérer simplement psychotique: on vous refuse un agrément, le dossier n'arrive pas à être instruit, des retours de courriers depuis six mois, au motif qu'une pièce ou autre manque -et pourtant, vous avez bien tout envoyé, la paperasse, c'est votre domaine (d'ailleurs, vous vous êtes conformée à ce que l'on vous avait dit: "Madame, faites-en la demande, avec tout ce que vous avez, cela ne doit poser aucun problème"). Vous faites un gros effort pour réprimer la seule pensée qui jaillit, révoltée: vous êtes toujours une étrangère..Vous n'avez pas subi le management pathogène entraînant dépressions et suicides, c'est vrai, car vous avez créé votre emploi, mais on peut toujours vous empêcher de travailler..C'est aussi cela l'Europe..
 
Il ne reste plus qu'à souhaiter plein succès à Monsieur Barroso et à son projet de dosage harmonieux de libéralisme et de social pour les cinq prochaines années. Avec la grâce de Dieu?