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17/07/2009

La Clause

D'après le récent rapport de la CE (plus de 300 pages, on fait confiance) cité dans les media roumains (transparence oblige), la Roumanie occupe la première place en matière de dysfonctionnements et de suspicions de fraude dans la gestion des fonds européens (les programmes Sapard, Ispa, Phare). La Roumanie a rapporté (donc, elle-même, quelle devrait être alors la réalité..?) 246 cas (seulement?) dont 164 dysfonctionnements, 10 suspicions de fraude, 72 cas inclassables. Elle doit retourner 25 millions d'euros à la CE. La Bulgarie s'est classée deuxième, avec (seulement?) 140 cas. D'autres pays européens (honorables, on entend bien) se rangent dans ce classement: l'Allemagne doit retourner 580 millions, l'Italie 400 millions, l'Espagne et la GB 250 millions, le Portugal 98 millions, la Grèce 45 millions, la Belgique 15 millions, etc. L'article de presse ne précise pas, mais vraisemblablement il s'agit de sommes non utilisées (absorbées) qui doivent être retournées. Et le recyclage continue. A propos de la Bulgarie, lire ici, c'est presque amusant: http://www.euractiv.com/fr/elargissement/fuites-rapport-c...
La Roumanie a bénéficié d'un milliard d'euros pour la pré-adhésion (quant au pays, on n'en voit pratiquement pas grand chose, quant à la prospérité des politiques et des institutionnels, ça marche du tonnerre), la Bulgarie n'a eu que 55 millions, la Hongrie 14 millions. Le rapport anticipe donc une décision, qui sera celle de maintenir ou non la clause de sauvegarde pour les deux derniers pays entrés dans l'UE (en gros, la clause vise les réformes économiques, le marché intérieur, le système judiciaire, et concerne des interdictions d'exportations alimentaires ou des réductions des fonds européens).
 
Vous pouvez relire, en complément d'information, comme on dit en langage administratif, la Lettre PE/CE (liste Cefro, à droite), dans laquelle est formulée directement une sempiternelle demande personnalisée. Si l'on veut accepter avec sincérité (mais qu'est-ce que "sincérité" veut dire dans de pareils contextes??), que des dispositifs techniques eurocratiques et nationaux s'avèrent non seulement imparfaits, mais aussi nuisibles, peut-être qu'au lieu de les pérpétuer, on se donnerait la peine de réfléchir pour trouver d'autres formes. Surtout que les rapports de ce type disent à peu près la même chose, depuis des années. Les gens qui ont vécu dans les pays communistes peuvent facilement reconnaitre et le style, et l'activisme bureaucratique. Deux aspects ont été améliorés depuis '89: la technologie de la communication et l'art de cultiver l'impression que les citoyens participent responsablement à la décision.
Update 18/07: Acheté chez "Virgin" le DVD Michael Jackson On Strage, The Dangerous Tour Live in Bucharest, le 1er Octobre 1992. Achat symbolique et très signifiant pour moi, car la boucle est bouclée. C'est exactement à ce moment-là que mon destin en France a commencé, et je n'aurais jamais soupçonné qu'il pouvait être aussi difficile, et que mon amour pour ce pays, dont la langue et la littérature représentaient mon travail en Roumanie, allait se muer, au fil des années, en désaffection résignée. Mais c'est mieux comme cela, je préfère cette distance lucide.

30/03/2009

Actualités

Les événements de la vie politique et économique en Roumanie qui impliquent des Services, des barbouzes, des magnats et des élus sont toujours plus hallucinants et indéchiffrables...Des imbrications et des milliards... Seraient-ils pour autant préoccupants par les temps qui courent, où "sauve qui peut" devient la devise? Surtout en ce moment même, où d'autres événements majeurs sont en train de se dérouler? La composition de la CE qui va changer, les élections pour le PE qui se préparent, et d'abord le G20 qui nous promet de faire preuve de clairvoyance pour notre situation future, à tous.. Les patriotes roumains me répliqueront que "les grands" (US, France, Allemagne, etc.) ne sont pas des exemples de vertu, non plus (fraude, évasion fiscale, blanchiment dans des paradis fiscaux...). Ce n'est pas faux, à une différence près: la justice arrive à se mettre en marche, quand même, et surtout elle ne mime pas. Une chose est claire: volens, nolens, l'honnêteté deviendra l'unique valeur sûre. J'ai décidé de créer cette deuxième Liste (Témoignages).

09/07/2008

Les Fonds (II)/INTERREG

Les programmes d'intérêt communautaire sont: INTERREG, URBAN, EQUAL, LEADER. Il s'agit de programmes d'encouragement ou d'action qui complètent les interventions des fonds structurels. Ils sont dénommés d'initiative communautaire, car c'est la Commission qui définit les actions, lesquelles sont ensuite coordonnées et mises en oeuvre sous le contrôle national. Par exemple, INTERREG a pour objectif de stimuler la coopération transfrontalière, transnationale et interrégionale, autrement dit de reconnecter des territoires séparés et marginalisés par les frontières des Etats-nations. Donc, depuis 1990, ces programmes ont pour fonction de promouvoir le développement économique en stimulant la coopération entre deux pays riverains (d'habitude par un pôle urbain qui joue un rôle moteur - exemple:Lille pour la frontière franco-belge, etc., voir Géopolitique de l'Europe, Nathan 2006).

On lit dans la presse nationale (Sprijin pentru crearea brandului turistic al României;75 de milioane de euro, cheltuiþi de Guvern pentru a promova turismul românesc) que la Roumanie va utiliser 75 millions d'euros des fonds structurels (y compris via INTERREG) pour "améliorer son image de marque" ou "pour améliorer le tourisme". Les meilleurs organismes de conseil vont être sollicités dans l'organisation de l'appel d'offre. Questions légitimes: quelles sont (en Roumanie) les régions transfrontalières stimulées par l'utilisation des fonds INTERREG? comment promouvoir l'image du tourisme lorsque les services et les infrastructures ne sont pas conformes aux standards européens, et qu'il n'existe aucune stratégie politique concrète pour que cela change? suffit-il d'avoir un grand nombre de voitures haut de gamme (dans un pays où le salaire moyen est autour de 200 Euros/mois) en circulation sur des routes meurtrières? (ici, pour être justes, il faudrait rappeler aussi les affaires de corruption impliquant le personnel habilité à délivrer les permis de conduire).

Ce n'est pas parce que le Sommet de l'OTAN en Avril dernier a été organisé à Bucarest (sur l'initiative de la Roumanie d'ailleurs, et pour la seule raison évidente de faire parler d'elle autrement), que notre pays a une image qui pourrait faire rêver (sainement) à l'international. Bien sûr, si l'on veut trouver une utilisation au pactole européen qui nous tombe dessus (pas aux citoyens lambda, mais aux groupements d'intérêts qui s'enrichissent toujours plus), on peut initier plein de "projets" de ce genre. Mais un élémentaire bon sens dit qu'il faut commencer par le commencement: nettoyer la maison avant de lancer des invitations. Tout ouvrage qui traite des institutions européennes cite les progrès que des pays comme l'Espagne, la Grèce, le Portugal, l'Irlande ont faits grâce aux fonds structurels. La Roumanie ne sera pas dans ce cas. Vraisemblablement, la CE n'a toujours pas intégré correctement la vérité que la Roumanie est un pays très, très particulierAprès tout, il se pourrait bien que oui, et qu'elle "laisse faire et laisse passer"...

 

15/06/2008

UE-27/Notre confiance...

En Europe, ce n'est plus vraiment l'Italie qui fait traditionnellement tache d'huile. La Roumanie enregistre une multiplication des crimes en style mafieux. Marchés et zones d'influence, taxes de protection, règlements de comptes. Comme dans cette même ville, à quelques jours d'intervalle: Crimă în stil mafiot la Galaţi; Reglare de conturi între clanurile mafiote.
A ces voix (du peuple, disons) qui réclament naïvement (?)...la peine de mort contre "ces psychopathes", je dirai ceci. D'abord, il ne s'agit pas ici de psychopathes, mais de criminalité organisée. Il s'agit d'une ville gangrenée, parmi d'autres villes gangrenées, où les intérêts se cristallisent en réseaux: monde interlope, justice, administration, officines de renseignements, etc, chacun à un autre palier (et cela depuis des années). Ces gens-là ne sont pas cliniquement malades, ils font partie d'un système. Ensuite, il serait honteux de souhaiter retourner à la peine capitale, surtout après l'adhésion à des structures comme l'OTAN et l'UE, et cela uniquement parce que nous ne sommes pas capables d'avoir des institutions démocratiquement saines. L'actuelle évolution de la Roumanie aurait de quoi inquiéter les mêmes structures qui l'ont accueillie. Dans ces conditions, investir et avoir des affaires prospères en Roumanie risquent de représenter une carte de visite en soi...(finalement, je devrais remercier mon destin de n'avoir pu l'avoir, cette carte de visite).
Aujourd'hui, fin de la fièvre électorale municipale (autrement dit, élire ceux qui dirigeront nos villes et nos villages, et surtout les fonds européens à absorber), parsemée d'incidents: empoignades, coups de feu par ci par là, parfois candidats ayant fait de la prison, corruption d'électeurs, (tentative de) fraude, enfin, tout ce qui va avec... (16/06: les média roumains reprennent des échos de la presse internationale
sur les municipales à Bucarest et utilisent la formule "c'est la gauche qui l'a emporté" -seulement, en Roumanie, distinguer "la gauche" et "la droite" est aussi dépourvu de sens que distinguer entre tel et tel parti politique. Il y a des groupements d'intérêts personnels- financiers et/ou de pouvoir -c'est tout).