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21/01/2015

Mises au point

actualités, l'après-Charlie, Houellebecq, livre, US, projet, Cefro, transatlantique(Mes photos: Premier mimosa)
 
J'en ai retenu quelques unes sur les quinze derniers jours. Dans la vidéo des 4 vérités du Télématin du 16/01, le Directeur de l'Observatoire des pays arabes explique qu'il existe depuis des années une métastase du phénomène djihadiste, un projet mené par des mouvances qui veulent s'installer en Europe en créant une extraterritorialité, à savoir des émirats au sein des villes européennes où il y a une masse partisane, et faire appliquer la loi islamique par des oulémas. Déjà, cela me semble un peu plus clair. Ensuite une analyse dans EuObserver sur l'après-Charlie en France, et surtout la chronique culturelle autour du récent livre de Michel Houellebecq, "Soumission", faite par Adam Gopnik -on voit toujours mieux de loin. J'ai aussi lu ce que dit le rapport du président américain sur l'état de la nation, et je me suis réjouie que tout cela ait, dans l'ensemble, l'air positif et optimiste, ce qui est plutôt normal de leur part.
C'est pourquoi, m'accrochant à un fil invisible mais légitime (une partie de moi est aux States), je vais mettre en place, à travers CEFRO, une prestation de conseil en courtage agréé en douane. J'ai formulé la proposition, mais dans ce projet, je suis pareille aux responsables politiques qui ne font que porter les idées dont vont se charger ensuite les vrais professionnels, les techniciens. Car le vrai professionnel se trouve de l'autre côté de l'Océan, et tout ce que je souhaite, c'est qu'il accepte avec enthousiasme de poser une petite pierre au pont transatlantique..

 

06/01/2015

La corruption transnationale

corruption transnationale, rapport ocde, gouvernance, criminalité économique

(Photo web)

 

Au cas où nous souhaiterions commencer l'année avec de bonnes résolutions d'ordre éthique, ou tout simplement de la réflexion sur des informations qui nous concernent tous, en fin de compte, voici plus loin une lecture (elle est loin d'être rébarbative!). Cette étude de l'OCDE de 51 pages (40 exactement, plus les notes), disponible en anglais, français, espagnol, constitue "une première tentative de quantification de la corruption transnationale" sur la base des informations révélées dans les 427 affaires terminées depuis l'entrée en vigueur de la Convention sur la lutte contre la corruption en 1999. C'est plutôt récent, comme prise de conscience mondiale -encore une preuve, à mon sens, que ce n'est pas l'amour qui fait le progrès, mais la justice.

 "La passation des marchés publics  devrait rimer avec intégrité, transparence et comptabilité. (...) Nous savons maintenant que les pots-de-vin sont versés par les entreprises, dans tous les secteurs, à des agents publics de pays se trouvant à tous stades de développement économique. Les dirigeants d'entreprise sont impliqués, ou tout du moins au courant des actes de corruption transnationales dans la plupart des affaires, ce qui réfute les présomptions selon lesquelles la corruption serait le fait de salariés sans scrupules. Des intermédiaires, qu'ils soient des agents ou des véhicules juridiques (en anglais "corporate vehicles") sont utilisés dans la plupart des transactions corrompues et la majorité des pots-de-vin est versée dans l'objectif d'obtenir des marchés publics"

 

Il m'a semblé intéressant de constater qu'en première position parmi les agents qui acceptent des pots-de-vin sont les agents de douane, et que parmi les motifs pour lesquels les pots-de-vin sont versés, la facilitation des formalités douanières est à 12%, bien avant le traitement préférentiel d'une autre nature (7%), le traitement fiscal avantageux (6%), l'autorisation ou le permis (6%), l'accès à des informations confidentielles (4%).  

Il va de soi que la corruption transnationale compromet fondamentalement la relation entre les affaires et les gouvernements, et sape la démocratie et la loi. Les obstacles à la dissuasion sont nombreux et divers, l'un d'entre eux, non négligeable, serait que ces pratiques corrompues peuvent être un élément culturel. 

 

Un article paru dans The Washington Post présente aussi un résumé de ce rapport

 

14/12/2014

Cocaïne & Company

novembre 2014 091.JPG"Le Petit Poucet: pas plus grand qu'un pouce, il doit s'en sortir sans l'aide de personne ni aucun pouvoir magique, et il n'a d'autre ressource que son pouvoir éveillé. C'est lui qui représente le mieux le déséquilibre des forces entre le trafic mondial de la cocaïne et ceux qui le combattent. Depuis des années, c'est ainsi que je me sens moi aussi et je suis donc fidèlement son exemple" -écrit Roberto Saviano dans son tout récent livre Zero zero zero, paru en français aux Editions Gallimard sous le titre Extra pure. Il y raconte le narcotrafic d'un continent à l'autre, retrace des témoignages, fait parler le policier et le dealer, les chiffres, les documents, et les résultats des enquêtes internationales. Il se plonge dans les histoires de drogue et raconte le pouvoir criminel, en démontant le mécanisme invisible du narcocapitalisme dont les nouveaux visages -entreprises, banques, circuits légaux -sont l'expression de la loi de base du capitalisme: tant qu'il y a une demande, qui continue même à augmenter, il serait absurde de supprimer l'offre ou de la réduire radicalement. L'erreur principale des efforts américains consiste à croire qu'il suffirait que le mal soit extirpé à la racine, c'est-à-dire en Colombie. "On peut arracher une plante, mais pas le besoin de bien-être qui crée la dépendance et moins encore l'avidité des hommes. La cocaïne n'est pas le fruit de la terre, elle est celui des hommes".  
Tous les continents sont touchés, l'Australie est colonisée par la 'ndrangheta,  l'Afrique est blanche, les Calabrais craignent que les Mexicains envisagent de débarquer en Europe et d'envahir leurs places. Le marché de la drogue se situe entre 25-50 milliards de dollars par an rien qu'au Mexique. L'économie fonctionne comme un élastique: il est extensible tant que les lois et les règles de la concurrence sont respectées, mais au delà d'une limite, il va craquer. Aujourd'hui, l'économie est arrivée à un point de rupture, car toutes les niches sont occupées, tous les besoins satisfaits. "A la limite, tu peux te délocaliser à l'est ou essayer de travailler au noir pour ne pas payer d'impôts. Tu essaies de tirer le plus possible sur l'élastique. Pas facile, la vie d'entrepreneur. Des Mark Zuckerberg, il en naît un par siècle. Très peu sont capables de créer de la richesse uniquement à partir d'une idée, et même gagnante, cette idée ne génère pas toujours des revenus stables. Les autres sont contraints à une guerre de tranchée pour vendre des biens et des services qui ne dureront peut-être que le temps d'un battement d'ailes. Tous les biens doivent se soumettre à la règle de l'élastique. Tous, sauf un. La cocaïne. Il n'est nul marché au monde qui rapporte plus que celui de la coke. Nul investissement qui rapporte autant que la cocaïne. Même les dividendes record ne peuvent rivaliser avec les "intérêts"que produit la coke."
 
60% de la cocaïne saisie ces dix dernières années l'a été en mer et dans les ports. Le marché transatlantique de la cocaïne essaie de trouver de nouveaux moyens de transports (les sous-marins, les voiliers), de nouvelles routes. Les cartels peuvent même avoir leur propre flotte. Entre la corruption, le blanchiment et le terrorisme il y a un lien. Saviano dit avoir voulu comprendre à quel point "le monde des affaires et lié à celui de la criminalité, comprendre comment les crimes les plus violents -  extorsions, homicides, trafic d'armes et de drogues, proxénétisme -se marient à la perfection avec ceux que commettent les entrepreneurs, les hommes politiques, les financiers. (...) Un monde où toutes les énergies criminelles se rejoignent en dernière instance, pour converger vers un but unique: la maximisation des profits". Il considère que la seule solution possible, "peut-être horrible, atroce, angoissante", "si l'on veut tout arrêter", consiste en la légalisation complète des drogues, arrêtant ainsi les chiffres d'affaires qui gonflent, arrêtant la guerre.
Après avoir lu le livre, je me dis que sans doute, on ne veut pas tout arrêter..Et je pense à ces quartiers où le chômage dépasse largement les 40%, et où la police connaît parfaitement les trafics qui ont lieu, mais y va doucement, symboliquement parfois, car les gens doivent vivre, d'une manière où d'une autre (l'autre étant l'emploi quasi inexistant, ou les aides sociales, ce qui est loin de faire le poids..). 
 
J'ai acheté le livre de Saviano le mois dernier, mais il a attendu patiemment son tour dans ma petite bibliothèque. Je viens de le lire d'une seule traite, captivée, révoltée et résignée, le crayon à la main pour sélectionner quelques extraits et les partager aux autres. Cela, parce que je pars du principe que le discours de l'amour est  toujours plus puissant que le discours sur l'amour, et qu'il faut entendre la voix de l'auteur. Mais également parce qu'il m'a semblé que ces informations devraient arriver, même sous cette forme, au plus grand nombre de lecteurs. Et comme à chaque fois que je m'aperçois de la naïveté de mes propres démarches devant l'énormité de quelques vérités en béton, j'ai simplement ri en me souvenant de "ma dernière folie" (on le dit à propos de sacs à main, etc., ce n'est pas mon cas) : la lettre que j'ai adressée à Monsieur Mario Draghi à la BEI, afin d'obtenir un minimum pour ma micro-entreprise CEFRO et ses projets..La réponse sèche du comité machin, après des mois d'attente me fait comprendre qu'il y a d'autres projets à soutenir. Je n'en doute pas.
D'ailleurs, la voici: "Dear Mrs Serghie Lopez, Thank you for your letter of 01.08.2013, in which you enquired about the possibility of a financial contribution from the European Investment Bank Institute for the continous research activities of new theories and methods to be applied to management in Europe. We regret to inform you that the Committee for the subsidies were not in a position to give a favourable answer to your requests. Your sincerely, European Investment Bank Institute".

 

25/11/2014

Anniversaire/Diaspora

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(Mes photos -Rose fraîche)

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Claudiu. Ce matin, sous la pluie battante qui a de nouveau choisi la Cote d'Azur, je suis allée chercher au marché de la Libération une rose fraîche. Elle a sa place habituelle, entre le tableau que nous avions acheté ensemble chez Virgin, en 2001, avant son départ pour Charleston, et la belle photo avec Rowen, à Villefranche, pendant les dernières vacances de 2010. Dans A propos, j'ai écrit, il y a quelques années, que ce blog était devenu perso-politico-professionnel. C'est exact, avec l'observation  que ces trois aspects sont liés, ils sont interdépendants et ne pourraient être pris séparément..Tout événement qui a l'air d'être personnel ne l'est pas, en fait, et c'est là l'unique justification de ce blog, à mes propres yeux. Je fais souvent un effort de volonté pour calmer ma réflexion, pour la refroidir, afin qu'elle puisse livrer tel ou tel aspect, sous une forme qui ne soit pas contre-productive, pour ainsi dire, si je pense au statut sur le fil que j'ai depuis tant d'années ici..

 P.-S. La presse continue d'analyser le résultat de la récente élection présidentielle, en observant que tout ne fait que commencer, et qu'il est important de ne pas oublier trop rapidement "ce deuxième miracle roumain des derniers 25 ans", et la performance réalisée par les millions de Roumains de la Diaspora. "Il n'est guère facile de passer du jour au lendemain du statut de l'émigré qui agace, le suspect de service responsable pour la diminution du niveau de vie, au statut de l'émigré défenseur de la démocratie, digne d'estime et d'admiration." Reconnaître les mérites de la Diaspora est plutôt une première, du moins en ces termes-là. D'habitude, le seul mérite qui lui soit attribué concerne l'argent qu'elle envoie en Roumanie, et qui représente une partie importante du PIB. Et d'ailleurs, aujourd'hui, des Etats en principe honorables, et qui n'ont pas une forte émigration, décident d'être moins regardants sur ce qui peut faire augmenter leur PIB.. Claudiu et moi faisons partie de la Diaspora roumaine, à la très grosse différence que Claudiu est aussi citoyen américain, tandis que moi, je suis ressortissante UE résidente en France...[la victoire de la Diaspora à Londres -vidéo http://youtu.be/lHCUPTwz238 ]

Je suis entrée à Monoprix pour chercher un thé, et j'étais là, devant le rayonnage, à regarder les boîtes, en réfléchissant, en même temps, au prochain dossier administratif que je m'apprêtais à dresser (c'est-à-dire à "vomir", selon mes images - m'acquitter de trois milliers d'euros de cotisations restantes à la Cipav, pour bénéficier plus tard à la retraite de 8 euros par mois..), lorsque ce refrain s'est déversé des haut-parleurs. Et, prêtant un autre sens aux paroles légèrement débiles, je me suis dit que la chose la plus sexy au monde, la plus désirable, ce serait la justice..Le reste est ab-so-lu-ment dérisoire (pas de psychanalyse inutile..) http://youtu.be/aOl4oeHZnBk