Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/05/2015

Satisfaction

Il y a quelques jours, j'écrivais sur ma page Facebook que j'allais sûrement rédiger une note ici sur la métaphore de la Roumanie: le trou (comme les trous qui apparaissent dans l'asphalte, suite à l'érosion souterraine). Seulement voilà, je ne ressens plus la motivation, car la révolte s'est changée en lassitude profonde, à tel point que je me suis fait un cadeau urgent: l'engagement de prendre de la distance avec tout ce qui touche, de loin ou de près, à la Roumanie. Je suis très fatiguée de mon identité, et ça fait 25 ans que je la défends, en fait, en me défendant..Je crois aussi que plus la date des prochaines brèves vacances en Roumanie avec la petite famille approche, plus mon angoisse augmente..A propos de la note précédente - "le bonheur ne dépend pas de la façon dont les choses se présentent, mais si elles sont meilleures ou pires que nous avons prévu" - en ce qui me concerne, en France, elles ont été pires, en ce qui concerne Claudiu, aux Etats-Unis, elles ont été logiques, normales - travail et passion récompensés par la reconnaissance et le statut honorable. 

Avec sa permission, je publie ici ces 4 images qu'il a partagées sur sa page, et ses commentaires. Il ne s'agit pas de son job (chez UPS), mais de son deuxième hobby/travail. 

P.S. Je ne peux faire mieux quant à la mise en page des photos, j'ai essayé.. 

 Crew before the game 

soccer, US, Roumanie, France, bonheur, révolte, photos, Facebook.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

soccer,us,roumanie,france,bonheur,révolte,photos,facebook.Getting ready 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  soccer,us,roumanie,france,bonheur,révolte,photos,facebook.SC Championship game

 

 soccer,us,roumanie,france,bonheur,révolte,photos,facebook.See ya next time

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20/04/2015

Cet esprit américain..

méditation,mindfulness,us,eu,ttip,emploi,business

(Mes photos: au Forum Ecobiz, Nice)

 

Non, je ne suis pas contre le TTIP  -le Traité de libre échange transatlantique censé favoriser les exportations européennes, relancer l'économie, créer de l'emploi, en supprimant certains droits de douane et en facilitant les règlements administratifs. L'incapacité de l'UE à gérer le problème de la migration mise à part, j'essaye d'être confiante dans les négociations avec les US. Oui, c'est honteux de ne pas trouver une solution digne de notre époque pour le drame qui se joue chaque jour en Méditerranée. Quant au TTIP, il vient de mobiliser contre lui des milliers de personnes plus ou moins informées de quoi ça parle (les marches du samedi dernier en France, Allemagne, etc). La pression de la société civile organisée dans des associations diverses me fait le même effet que sa quasi inexistence en Europe de l'Est. Il doit y avoir quelque chose dans les forces alter qui finit par ressembler, inévitablement, à des enjeux de pouvoir, et ça revient au même..

 

Personne ne saurait nier le dynamisme et l'optimisme du business américain. Et aussi sa cohérence, en quelque sorte, là où l'UE semble plutôt hésitante: par exemple, elle sanctionne Google pour abus de position dominante dans la recherche en ligne, tout comme - même raison- elle n'avait pas donné son accord pour que UPS rachète la compagnie de logistique TNT, mais elle va accepter apparemment une offre de quelques milliards de moins de la part de FedEx.. Disons que ce qui est difficile et paraît insurmontable dans l'UE, ce sont les intérêts nationaux divergents des 28 (d'où l'agressivité des lobbys), l'absence d'une stratégie politique réelle commune, et un appareil bureaucratique énorme, qui n'ayant pas la possibilité de réfléchir, se limite à apporter des réponses automatiquement tracées. Peut-être communique-t-elle mieux qu'il y a dix ans, sur Internet et sur les réseaux sociaux (grâce à de plus grosses équipes en charge de la communication, car des fonds, il y en a), mais ça, c'est le propre du siècle, les islamistes aussi communiquent.. 

Le dynamisme américain, lui, a des résultats. Il y a quelques jours, tous les journaux en ligne avaient repris et traduit en moins de deux heures "le cas" de ce jeune patron qui, après avoir lu un ouvrage sur le bonheur, avait décidé de baisser son salaire et d'augmenter le salaire minimum de ses employés à 7000 $ par mois. Des ouvrages de ce genre sont nombreux aux Etats-Unis, la psychologie positive nous explique très bien la relation, sur l'échelle des valeurs, entre notre bonheur ou notre bien-être et l'argent. Avec le retard de rigueur, Seligman a été traduit et a paru aussi en France (j'en ai fait des copies pour les participants à mon cours sur les compétences émotionnelles, histoire de le transmettre plus loin, en Europe..). Un article dans The New Yorker observe comment l'Amérique des corporations sait intégrer la méditation (plus exactement, ce que l'on appelle la pleine conscience - the mindfulness). Aetna, General Mills, Goldman Sachs offrent des espaces en libre-service pour que les employés puissent pratiquer la méditation. Vous me direz que ce n'est pas nouveau, et que dans les aéroports aussi on voit des espaces aménagés où l'on peut se recueillir dans sa religion (à Bucarest, dans la salle d'attente de l'aéroport Henri Coanda, il existe une petite chapelle orthodoxe - le gouvernement n'est pas encore arrivé au degré d'ouverture qui reconnaît d'autres confessions). Sauf que la méditation dont on parle n'a rien à voir avec la religion. D'une technique destinée à faire comprendre aux moines la non-réalité de l'ego, elle est devenue l'inspiration pour un nouvel outil d'aide à la gestion de soi, et maintenant un outil du business. Comme dit Rick Hanson :"la méditation pleine conscience n'est pas un état mystique, mais une capacité psychologique quotidienne", et en citant un maître inconnu: "même les enfants, les ivrognes, les fous, les vieux, ou les illettrés peuvent développer la pleine conscience". L'idée c'est de développer davantage de calme et d'attention, d'être plus concentré, plus attentif, donc plus productif. 

La méditation est en train d'acquérir un statut culte dans le monde du business américain. Néanmoins, malgré ses bénéfices potentiels, certains se demandent si les managers ne deviendront pas trop doux et trop compatissants (pourront-ils embrasser la méditation bouddhiste et continuer à licencier?). Il faut garder l'espoir que la culture de la pleine conscience restera focalisée sur "l'optimisation de la performance au travail", de sorte que les gens puissent accéder "au bonheur authentique et à la réalisation de soi". Il me semble qu'un fil rouge part de Maslow - pour qui la réalisation de soi est accessible à tous, à l'inverse de Freud, pour qui la réalisation de soi ne se pose même pas -, et qu'il est toujours présent dans le type de démocratie américaine selon laquelle tout le monde peut avoir sa chance et s'épanouir. Les adaptations des pratiques bouddhistes et hindouistes par les businessmen américains datent depuis plus d'un siècle, elles débutent avec le mouvement New Thought au XIXe, se poursuivent avec le New Age et la littérature de motivation. La foi dans le pouvoir de l'esprit à modeler la réalité physique a eu un profond effet sur la culture américaine. La pleine conscience, telle qu'elle est connue aujourd'hui, est née de la rencontre entre les maîtres asiatiques modernes et pragmatiques qui essayaient de rendre le bouddhisme et l'hindouisme accessible au monde occidental, et l'Occident qui les a fait entrer dans son moule psychologique spécifique (la méthode Mindfulness Based Stress Reduction de Jon Kabat-Zinn). Dans son ouvrage "A Republic of Mind and Spirit", Catherine Albanese écrit que "avec le business de la méditation, nous avons une technique qui a été extrapolée du bouddhisme et rendue laïque, de sorte que tous les arguments théologiques sont balayés"

 

J'ai écrit une note il y a 9 ans déjà, intitulée L'esprit américain. Je l'ai relue, et je suis toujours parfaitement d'accord, mieux encore: rassurée, la conscience tranquille. Claudiu est arrivé à une position de jeune manager dans la compagnie nationale où il est entré en 2007, et il est en même temps un DJ passionné, et un arbitre de soccer..Samedi dernier, il a participé à une compétition aux obstacles dans la boue (il l'a dédiée à la mémoire de sa grand-mère..). Maintenant, il m'est impossible de l'imaginer évoluer comme cela en France, pour ne pas parler de son pays d'origine, la Roumanie.. Jeudi dernier, le 16 avril, je suis allée au 7e Forum Ecobiz en tant que CEFRO, et parmi les programmes, j'ai choisi celui qui se déroulait sur le site de la CCI, en ville. Il y avait du Speed Business Meeting, et une conférence qui m'intéressait, sur les négociations complexes, donnée par un monsieur diplômé en droit, diplômé de l'Ecole Nationale de police et de la National Academy du FBI, ancien officier négociateur au RAID. Très intéressant et agréable, comme intervention, en plus, la première fois que j'entendais dans cet endroit des références bibliographiques qui m'étaient si familières..La question n'était pas de participer au Speed Business Meeting (j'ai considéré que j'avais dépassé cette phase, et que cela ne valait pas la peine de dépenser le peu d'énergie précieuse qui me reste, en présentant CEFRO en 1 minute devant un groupe de dix personnes, et leur distribuer ensuite ma carte -en plus, pour les trois groupes de dix, il me fallait donc à peu près 30 cartes de visite, et je ne les avais pas..). J'ai fait quelques photos pour la page Facebook de CEFRO, que j'ai publiées le jour-même, j'ai eu une activité, je suis encore en vie. Pendant que les groupes se formaient dans la cour, je suis allée me chercher un café à l'accueil, et là, la grosse machine Malongo refusait de fonctionner, elle affichait "tiroir plein". Je ne savais pas sur quoi appuyer et comment la faire démarrer, mais je tenais absolument à boire ce café, alors j'ai demandé aux deux messieurs qui étaient en pleine conversation, à côté de la machine. Ils n'ont pas réussi non plus, j'ai alors demandé à une jeune dame qui passait par là et qui l'a tout de suite débloquée. L'un des deux messieurs au badge "Maître ..." a remarqué que je n'avais pas pu démarrer la machine à café, mais que j'avais su mobiliser trois personnes pour le faire, et m'a demandé dans quel domaine je travaillais. Je lui ai dit que dans les compétences émotionnelles. Il ne savait pas ce que cela voulait dire, et m'a demandé une carte (sans me donner la sienne, il ne l'avait pas évidemment, on est dans le midi, il allait me l'envoyer par email..). C'est pour dire que finalement j'ai eu mon Speed Business Meeting. Parmi les bénéfices de la journée (à part la conférence et des photos pour la visibilité de Cefro), je pourrais compter cette remarque spontanée, qui sur le moment, m'avait réveillée, pour me rappeler ensuite que, depuis des années, je n'ai toujours pas réussi à mobiliser même une seule personne en faveur de mon projet. (Ou comme dit Monsieur le Préfet des Alpes-Maritimes, malgré mon parcours qui est apprécié, je n'ai pas réussi à m'insérer professionnellement..).  

 

25/03/2015

Just hope

banques, tax return, projets, festival musique électronique

(Mes photos: la promenade du Paillon)

 

Je suis contactée par téléphone par diverses banques ("en tant que professionnelle située dans notre secteur") pour convenir d'un entretien, etc.. Je décline poliment (enfin, je crois faire l'effort): "en ce moment, je ne peux m'engager à rien, et je ne peux non plus écouter vos propositions". Une formulation euphémique qui veut dire: "Vous êtes une banque, vous allez me proposer un produit, tel un prêt, ou une assurance, n'importe, toute mensualité est bonne à prendre. Je ne veux plus entendre parler de crédits, je viens de les rembourser, j'ai mis 15 ans." J'espère que CEFRO résistera, Claudiu est en train de construire un site pour le nouveau service de conseil en courtage douane (US customs broker). Je ne le presse pas. En plus de son job, il a déjà le festival Pangea à préparer, à arbitrer des matches de soccer, et à regarder un peu notre projet commun pour cet été -quinze jours de vacances (!) en Europe. Ce dernier sera possible lorsque, une fois la déclaration de revenus remplie, ils recevront les quelques milliers de dollars de tax return. Jusque-là, procédons par étapes, donc pleine réussite au festival. Je trouve le logo de cette année particulièrement inspiré, c'est pourquoi je le publie ici aussi. banques, tax return, projets, festival musique électronique

19/02/2015

Le TTIP

TTIP, globalisation, Thomas Friedman, emploi, croissance, UE, USIl est impossible de rester en dehors du monde globalisé, il existe trop de forces politiques, économiques, sociales et technologiques qui poussent les nations dans cette direction. Bien qu'il soit possible pour un individu de refuser de coopérer, à l'échelle du monde cela est impossible, les sociétés ne peuvent pas s'opposer à coopérer, et s'attendre en même temps à prospérer. J'en suis profondément convaincue, surtout que j'ai connu le système de la Guerre Froide de l'intérieur, pour ainsi dire. En ce moment, CEFRO est en train de préparer pour un projet Erasmus+ une intervention ayant pour sujet le commerce international et la communication interculturelle, et forcément, je suis amenée à réfléchir et à me documenter sur la question.

Dans son livre The Lexus and the Olive Tree, paru il y a quinze ans, Friedman explique que la globalisation n'est en aucun cas un phénomène de mode passager, mais simplement le système international qui a remplacé le système de la Guerre Froide. La globalisation signifie l'intégration du capital, de la technologie, de l'information à travers les frontières nationales, sous une forme qui a créé un marché global unique, et à un certain degré, un village planétaire. Nous ne pouvons pas saisir les informations que nous lisons ou entendons, tout comme nous ne pouvons pas saisir où va le monde, si nous refusons de comprendre ce nouveau système qui influence les politiques nationales et les relations internationales, et qui concerne tout pays aujourd'hui. Le conflit entre la Lexus (la modernité, le système de la globalisation) et l'olivier (la tradition, les anciennes forces culturelles, géographiques, traditionnelles, communautaires) crée une tension. Ce sera l'équilibre entre le progrès et la préservation des traditions qui pourra assurer un meilleur avenir pour tous. 

 

Il n'est pas étonnant que l'Accord pour le partenariat transatlantique (le TTIP) soit très controversé. L'article publié dans The Guardian m'a fait penser au livre de Friedman, en ce qu'il résume bien pourquoi il faudra saisir l'opportunité qu'offre le plus grand marché au monde, celui des US et de l'UE réunis. Les deux priorités de l'UE sont la croissance et l'emploi, et il est évident qu'une augmentation des échanges commerciaux (biens et services) des deux côtés de l'Atlantique pourra y contribuer. La condition, c'est d'enlever les barrières, en permettant ainsi aux compagnies de trouver de nouveaux marchés pour l'exportation, et de baisser les prix pour les consommateurs. Les petites et moyennes entreprises en seront les premières bénéficiaires. Bien entendu, le TTIP ne fera pas que dynamiser l'économie. Il va renforcer des valeurs atlantiques communes, à commencer par les fondamentaux de la démocratie et de la loi, jusqu'aux standards environnementaux et sociaux. L'article souligne que dans dix ans, compte tenu des économies émergentes, les US et l'UE risquent de ne plus être en position de leader, comme aujourd'hui, quand ils représentent ensemble 40% de l'économie mondiale. Les négociations pour le TTIP se poursuivent, des textes sont rendus publics et expliqués, des rencontres ont lieu régulièrement avec des représentants des deux côtés. Ensuite, ce sera aux 28 gouvernements européens et au PE de décider. Une chose est sûre, conclut l'article: le TTIP va apporter de la prospérité de part et d'autre de l'Atlantique, et nous donnera  la chance de mettre en place de hauts standards pour le commerce international.