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01/09/2011

Littérature/Update

Valérie Jourdan, "Le Dossier roumain", Balland, 2011 (thriller, 438p, 22,90E)
 
C'est le mot "roumain" dans le titre qui a attiré mon attention, ensuite le genre "thriller". D'abord, je me souviens que je suis Roumaine ("poursuivis par nos origines, nous le sommes tous"), ensuite je lis assez de thrillers -bien que jamais français. D'ailleurs, ce ne sont pas les thrillers qui abondent dans la littérature française contemporaine, mais plutôt l'autofiction (pourquoi? en voilà une question), que je ne préfère pas. Je pense qu'il s'agit, en ce qui me concerne, d'un lien subtil entre la qualité de mon exil (choisi) en France, et une certaine perception de l'écriture française, dont la spécificité n'avait aucun impact négatif sur moi auparavant, quand je vivais ailleurs et que je l'enseignais. Mais cet espace-ci n'est pas vraiment le lieu pour développer de telles nuances.. C'est juste pour dire que, en matière de littérature française (après tout, ma spécialité de base), je suis restée à un point "t" sur l'axe de ma vie: je me tiens informée, sans consommer, je vis en France et je lis d'autres littératures (petite confidence: il en est de même pour les films..). En général, c'est dans les bibliothèques que je choisis mes lectures, en même temps, je lis aussi volontiers chez "Virgin", quelques heures, assise sur le canapé (ils ont enlevé les fauteuils et ont laissé le strict minimum, le canapé rond, rapé - un beau jour, il disparaîtra aussi, et finie la lecture découverte..). Bien sûr, il m'arrive d'acheter des livres dans les librairies, mais ce sont des achats bien réfléchis..
 
Le sujet du roman en question, dont l'action se passe en Roumanie, rappelle le scandale réel des adoptions internationales. En effet, il y a quelques années, le rapporteur pour la Roumanie au parlement européen, Madame Emma Nicholson of Winterbourne, avait parlé de l'existence des divers trafics (organes, prostitution) derrière ces adoptions. Cela a représenté la pomme de discorde entre l'UE et les US, et la Roumanie, membre de fraîche date de l'OTAN, mais pas encore de l'UE, avait maintenu l'arrêt des adoptions. Par la suite, les choses se sont avérées plus complexes: des premiers-ministres européens, des lobbies/des ong sont intervenus... J'ignore où en sont les choses aujourd'hui (remarquez, il suffirait de lancer un simple search), mais je suis presque certaine que l'on est assis, comme toujours, entre deux chaises, c'est le propre de la Roumanie, elle ne peut se permettre d'opter pour une chaise (en théorie, oui, en pratique, c'est différent...).
Sans lire effectivement le livre, j'ai saisi son courant. Voici les quelques lignes sur la quatrième de couverture:
Un homme décide de faire échouer le prochain vote au parlement roumain qui condamne les orphelins du pays à leur triste sort. Dévoué à la cause de ces milliers d'enfants, il ne se doute pas qu'il touche à de nombreux enjeux politiques et financiers dans la Roumanie post-Ceausescu. Une chasse à l'homme s'engage dans ce pays encore entre les mains de la Securitate, où s'affrontent les politiques de l'ancienne garde et de jeunes roumains rêvant d'un autre avenir pour leur pays. Kidnapping, chantage et meurtre dans un thriller haletant qui commence dans les couloirs du parlement européen pour se terminer au coeur du Palais de Ceausescu.
Valérie Jourdan réalise des reportages pour la télévision. Grâce à une documentation minutieuse sur la situation des enfants abandonnés en Roumanie et l'entrée du pays dans l'UE, elle offre un thriller inspiré de faits historiques réels.
Bonne lecture!
 
Update (7 Septembre). Le lendemain du match FR-RO sur le méga stade inauguré à Bucarest, à propos de la pelouse surréaliste: on connaissait bien l'état de la pelouse, la municipalité de Bucarest décline toute responsabilité, celle-ci appartient entièrement au constructeur, qui, lui, a conclu le contrat avec une compagnie d'Italie, laquelle a conclu le contrat avec une autre compagnie de ...Roumanie. C'est aussi ça l'Europe. Le méga stade National Arena a coûté 234 millions d'euros (il paraît que le constructeur a encore quelques millions à récupérer). P.S. J'ai bien regardé le match sur la 6, ai envoyé des sms aux US pour le décrire à Claudiu, qui ne pouvait le regarder et me demandait quel était le score...(??).

11/06/2011

"Toutes les sociétés sont mauvaises, mais il y a des degrés"

Cioran, bien sûr.

L'actualité de ces dernières semaines a préféré se placer sous le signe de l'éthique, et comme je ne vis pas en Roumanie, mais en France, j'ai suivi (avec la distance de mon statut, quelle chance, en définitive..) les débats ultérieurs à l'affaire-pilote concernant l'ex-Directeur du FMI. Je dis "affaire-pilote", comme je dirais "projet-pilote", puisque d'un coup, les tabous courtois ont commencé à être ébranlés, et des associations, des femmes, des journalistes se sont lancés.. Une partie, cela s'entend. Mais, on est en France, et l'important, c'est de proposer le débat, de le nourrir, de l'élever, de lui conférer la dignité qui lui convient, justement, car on est en France.. D'autres affaires ont trouvé l'occasion de sortir de la discrétion (dite culturelle) dont on les entourait d'habitude.
Je me souviens que l'amour courtois n'a jamais existé en réalité, mais uniquement au niveau du discours. Il n'a représenté qu'un effort particulier de dépassement, dans une époque aux moeurs très violentes.
Donc, pour revenir à notre temps, à quelque chose débat est bon, à une condition: qu'il soit sincère, nettoyé des scories de l'arrogance et de l'orgueil. Difficile...A moins que l'on ne s'exerce à ce genre de discours jusqu'à le croire. D'autres le font, voyons, les larmes aux yeux, ils demandent pardon à la société, aux proches..Cela ne suffit pas, bien évidemment, et je le dis au pasage, j'espère que la vraie victime de cette affaire qui vient de bouleverser la France seulement parce qu'elle s'est passée là où elle ne devait pas se passer, aux US- donc, que la femme (pas l'ex-Directeur, qui n'est victime que de lui-même) recevra des dédommagements. Ils n'effaceront rien, mais ils aideront sa vie à continuer.
 
C'est un beau samedi ensoleillé, je décide de faire un saut à Antibes, 20 minutes en train, je crois que cela fait un an depuis que je n'y suis plus allée. Le dimanche, c'est rendez-vous avec la petite famille américaine par webcam - voilà le gros avantage des expatriés du XXIe. Je prends des photos, quelques angles, peut-être nouveaux, peut-être les mêmes, mais un moment différent, et je m'y inclus (http://myshots.hautetfort.com -cliquer toujours sur photo précédente).
 
 
 

05/05/2011

Un peu de musique

Pour marquer un événement, j'achète toujours un album, le coup de coeur du moment. En Janvier 2007, le coup de coeur avait été Jehro, je ne connaissais pas. Je l'avais enregistré sur le minuscule Mp3 qui m'accompagne dans mes voyages (surtout en Roumanie, pendant le trajet en train -vous vous souvenez, ce train-là qui met 4 heures et demie pour 250km, la même distance Nice-Marseille, mais en 2 heures, je le sais à cause du Consulat roumain de Marseille..). Il y a plus de trois cents chansons sur mon Mp3, mes quatre concerts préférés de Mozart, de la techno, les albums les plus divers, parfois je laisse tourner sans sélectionner, chaque chanson arrive avec son moment..J'ai appris ensuite que Jehro était un chanteur français, j'ai été surprise, mais j'ai continué à aimer sa musique (oui, je sais...). Je viens d'écouter à "Virgin" son nouvel album, peut-être que je l'achèterai pour mon anniversaire -ce n'est pas que j'hésite, mais je devrais compter sur quelques jours de pâtes au menu (actuellement, il est sur deezer: http://www.deezer.com/fr/music/jehro#music/jehro et sur Youtube il y a un joli clip Jehro - Tonight Tonight (Clip Officiel) . Le dernier titre, Young Blood, me rappelle un peu Peter Gabriel..

28/04/2011

Roumanie, Avril 2011

Dans l'Album Roumanie, Avril 2011 (plus loin, la colonne de droite), des images que j'ai emportées, en ce printemps tardif pour les arbres, qui m'ont attendue: le Danube et sa falaise-promenade, Bucarest et ses câbles électriques suspendus (un collègue a été fasciné par les photos que j'avais prises il y a deux ans, j'ai voulu le rassurer que les câbles étaient toujours là), le marché de ma ville, Galatzi, avec son macadam rongé depuis plus de cinquante ans (l'infrastructure en Roumanie est agonisante, un express qui mettait environ trois heures il y a vingt ans pour parcourir 250 km, met presque cinq heures aujourd'hui, et il mettra certainement plus de sept heures dans cinq ans, mais il reste un moyen de transport plus sûr que la voiture, compte tenu de l'état de nos routes ou de la conduite des automobilistes).
J'ai emporté aussi l'image du drapeau national sur les églises pendant ces jours de Pâques, voilà qui est nouveau, un pas de plus vers une république orthodoxe peut-être, il faut s'associer pour anesthésier ce peuple, qui déjà n'a pas la vocation de réagir. Dans le jardin public, j'ai pris la photo de I.L.Caragiale (j'ai son buste dans ma bibliothèque aussi), l'écrivain qui a le mieux perçu la spécificité de notre vie politique, et après tout, de notre nation. C'est la même spécificité aujourd'hui qu'il y a presque cent ans, avec les mises à jour des temps actuels: la mafia du bois, qui a le contrôle absolu dans ce domaine, a frappé le 23 Avril, dans le département de Harghita, en exécutant l'adjoint du maire; un groupe de popes est allé avec un avion privé à Jérusalem pour apporter la lumière de Pâques, qui a été dispatchée (oui, c'est le mot) dans toutes les villes, moment très médiatisé, d'ailleurs; Ferrari a passé le plus de commandes cette année en Roumanie; un-deux fraudeurs de taille ont finalement été extradés ou retrouvés et amenés à l'aéroport de Bucarest juste ces jours-là, comme quoi la justice sur terre existe et l'Etat est à son service ( Schengen approche, il faut "quantifier les résultats de la lutte anti-corruption", exigent les Eurocrates, autrement dit faire du chiffre, ce n'est pas difficile, faites-nous confiance, quand on veut, on peut..); la monnaie nationale ne cesse de se renforcer, il semblerait que nous soyons presque sortis de la récession (quelle importance si les salaires ont été amputés de 25% pour que les avantages faramineux des politiques soient conservés et augmentés); les investisseurs étrangers affluent (prenons un tel investisseur, sans le nommer, il récupère sa récolte, la transporte jusque dans les eaux internationales, d'où il revient pour la revendre à la Roumanie), etc, etc. 
 
J'ai emporté, comme toujours, une chanson, celle que j'entendais partout, à la radio, sur les terrasses: Caro Emerald - A Night Like This LIVE @ 3FM (ce n'est pas le clip officiel, trop glamour pour moi et donc un rien déprimant, n'est-ce pas, mais la chanson me plaît, elle sera la "madeleine" qui me restituera ce court séjour).
 
N.B. Dans l'avion qui m'emmenait de Nice à Münich pour prendre une correspondance pour Bucarest, un titre de journal avait attiré mon attention, mais j'étais trop préoccupée pour demander le journal.. Je l'ai retrouvé à mon retour à Nice, dans "Le Monde" du 13 Avril, c'est un intéressant entretien avec le Roumain Andrei Ujica, le réalisateur du documentaire sélectionné à Cannes en 2010, L'Autobiographie de Nicolae Ceausescu. J'ai retenu ces phrases très justes et absolument actuelles, si l'on remplace le personnage par d'autres choses: "Ceausescu n'est pas un monstre tombé du ciel pour persécuter une nation innocente. Le film montre que l'aveuglement idéologique et un certain assentiment collectif sont nécessaires à l'établissement et à la pérennité du bourreau."
 
P-S. Un nouveau lien dans la colonne de droite (Links), Nikaiarapallo, peut-être une autre graine de baobab, souhaitons-le!