16/09/2009

Actualités européennes

Deux articles ont retenu mon attention pour cette rentrée. Le premier, paru dans le quotidien central RL, Romania are cel mai lenes Parlament din Europa -"La Roumanie a le Parlement le plus paresseux de l'UE", présente les conclusions d'une étude qui a été réalisée à Bruxelles, et qui constate l'absence de réaction de la part des députés et des sénateurs de Bucarest aux décisions prises par la Commission Européenne.
Les parlementaires roumains manifestent une indifférence quasi totale à l'égard des mécanismes communautaires, en se retrouvant ainsi en dernière position dans le classement de l'activité réalisé par la CE. Un député roumain explique que "dans toute cette période, la Roumanie a eu d'autres priorités que celle de jouer un rôle dans l'UE, parce qu'elle a été préoccupée d'abord par des aspects de politique nationale". Il est vrai que la Roumanie a moins d'expérience que ses voisins (la République Tchèque, par exemple), mais aussi que les parlementaires roumains ne parlent aucune langue étrangère, ce qui ne facilite pas la connaissance de la législation européenne. Les hommes politiques roumains se désintéressent de la politique européenne, et implicitement de la manière dont la politique nationale pourrait se connecter à celle-là. "Il est plus facile d'avoir un comportement de subordonné, que de partenaire égal."
N.B. L'un des Europarlementaires roumains fraîchement élus, notre berger national multimillionnaires en euros, propriétaire du club de football "Steaua" Bucarest, vient de prononcer/lire un discours (soigneusement préparé par son assistante) de 50 secondes à Bruxelles, devant le Parlement. Il a été apprécié pour sa concision..
Le second article est celui-ci: Commission européenne : un bilan désastreux dix ans après la grande crise de 1999
Et aussi:
 
Update. 17/09.
Peu familier de la langue de bois diplomatique, notre europarlementaire aurait souhaité à M.Barroso "la sagesse de Solomon", et lui aurait prédit qu'il sera réélu à la tête de la CE, "avec la grâce de Dieu"..Ce qui arriva.
La Roumanie reste fidèle à elle-même (et à une sorte d'esprit Tristan Tzara -le rôle du hasard, le dada..), avec ses personnages pittoresques, avec son administration à la limite de l'absurde, car on n'est jamais certain comment, et surtout si, une loi nationale ou européenne est appliquée, concrètement.
C'est un peu différent d'une autre administration, celle que je connais encore mieux, et qui peut s'avérer simplement psychotique: on vous refuse un agrément, le dossier n'arrive pas à être instruit, des retours de courriers depuis six mois, au motif qu'une pièce ou autre manque -et pourtant, vous avez bien tout envoyé, la paperasse, c'est votre domaine (d'ailleurs, vous vous êtes conformée à ce que l'on vous avait dit: "Madame, faites-en la demande, avec tout ce que vous avez, cela ne doit poser aucun problème"). Vous faites un gros effort pour réprimer la seule pensée qui jaillit, révoltée: vous êtes toujours une étrangère..Vous n'avez pas subi le management pathogène entraînant dépressions et suicides, c'est vrai, car vous avez créé votre emploi, mais on peut toujours vous empêcher de travailler..C'est aussi cela l'Europe..
 
Il ne reste plus qu'à souhaiter plein succès à Monsieur Barroso et à son projet de dosage harmonieux de libéralisme et de social pour les cinq prochaines années. Avec la grâce de Dieu? 

 

17/07/2009

La Clause

D'après le récent rapport de la CE (plus de 300 pages, on fait confiance) cité dans les media roumains (transparence oblige), la Roumanie occupe la première place en matière de dysfonctionnements et de suspicions de fraude dans la gestion des fonds européens (les programmes Sapard, Ispa, Phare). La Roumanie a rapporté (donc, elle-même, quelle devrait être alors la réalité..?) 246 cas (seulement?) dont 164 dysfonctionnements, 10 suspicions de fraude, 72 cas inclassables. Elle doit retourner 25 millions d'euros à la CE. La Bulgarie s'est classée deuxième, avec (seulement?) 140 cas. D'autres pays européens (honorables, on entend bien) se rangent dans ce classement: l'Allemagne doit retourner 580 millions, l'Italie 400 millions, l'Espagne et la GB 250 millions, le Portugal 98 millions, la Grèce 45 millions, la Belgique 15 millions, etc. L'article de presse ne précise pas, mais vraisemblablement il s'agit de sommes non utilisées (absorbées) qui doivent être retournées. Et le recyclage continue. A propos de la Bulgarie, lire ici, c'est presque amusant: http://www.euractiv.com/fr/elargissement/fuites-rapport-c...
La Roumanie a bénéficié d'un milliard d'euros pour la pré-adhésion (quant au pays, on n'en voit pratiquement pas grand chose, quant à la prospérité des politiques et des institutionnels, ça marche du tonnerre), la Bulgarie n'a eu que 55 millions, la Hongrie 14 millions. Le rapport anticipe donc une décision, qui sera celle de maintenir ou non la clause de sauvegarde pour les deux derniers pays entrés dans l'UE (en gros, la clause vise les réformes économiques, le marché intérieur, le système judiciaire, et concerne des interdictions d'exportations alimentaires ou des réductions des fonds européens).
 
Vous pouvez relire, en complément d'information, comme on dit en langage administratif, la Lettre PE/CE (liste Cefro, à droite), dans laquelle est formulée directement une sempiternelle demande personnalisée. Si l'on veut accepter avec sincérité (mais qu'est-ce que "sincérité" veut dire dans de pareils contextes??), que des dispositifs techniques eurocratiques et nationaux s'avèrent non seulement imparfaits, mais aussi nuisibles, peut-être qu'au lieu de les pérpétuer, on se donnerait la peine de réfléchir pour trouver d'autres formes. Surtout que les rapports de ce type disent à peu près la même chose, depuis des années. Les gens qui ont vécu dans les pays communistes peuvent facilement reconnaitre et le style, et l'activisme bureaucratique. Deux aspects ont été améliorés depuis '89: la technologie de la communication et l'art de cultiver l'impression que les citoyens participent responsablement à la décision.
Update 18/07: Acheté chez "Virgin" le DVD Michael Jackson On Strage, The Dangerous Tour Live in Bucharest, le 1er Octobre 1992. Achat symbolique et très signifiant pour moi, car la boucle est bouclée. C'est exactement à ce moment-là que mon destin en France a commencé, et je n'aurais jamais soupçonné qu'il pouvait être aussi difficile, et que mon amour pour ce pays, dont la langue et la littérature représentaient mon travail en Roumanie, allait se muer, au fil des années, en désaffection résignée. Mais c'est mieux comme cela, je préfère cette distance lucide.

30/03/2009

Actualités

Les événements de la vie politique et économique en Roumanie qui impliquent des Services, des barbouzes, des magnats et des élus sont toujours plus hallucinants et indéchiffrables...Des imbrications et des milliards... Seraient-ils pour autant préoccupants par les temps qui courent, où "sauve qui peut" devient la devise? Surtout en ce moment même, où d'autres événements majeurs sont en train de se dérouler? La composition de la CE qui va changer, les élections pour le PE qui se préparent, et d'abord le G20 qui nous promet de faire preuve de clairvoyance pour notre situation future, à tous.. Les patriotes roumains me répliqueront que "les grands" (US, France, Allemagne, etc.) ne sont pas des exemples de vertu, non plus (fraude, évasion fiscale, blanchiment dans des paradis fiscaux...). Ce n'est pas faux, à une différence près: la justice arrive à se mettre en marche, quand même, et surtout elle ne mime pas. Une chose est claire: volens, nolens, l'honnêteté deviendra l'unique valeur sûre. J'ai décidé de créer cette deuxième Liste (Témoignages).

09/07/2008

Les Fonds (II)/INTERREG

Les programmes d'intérêt communautaire sont: INTERREG, URBAN, EQUAL, LEADER. Il s'agit de programmes d'encouragement ou d'action qui complètent les interventions des fonds structurels. Ils sont dénommés d'initiative communautaire, car c'est la Commission qui définit les actions, lesquelles sont ensuite coordonnées et mises en oeuvre sous le contrôle national. Par exemple, INTERREG a pour objectif de stimuler la coopération transfrontalière, transnationale et interrégionale, autrement dit de reconnecter des territoires séparés et marginalisés par les frontières des Etats-nations. Donc, depuis 1990, ces programmes ont pour fonction de promouvoir le développement économique en stimulant la coopération entre deux pays riverains (d'habitude par un pôle urbain qui joue un rôle moteur - exemple:Lille pour la frontière franco-belge, etc., voir Géopolitique de l'Europe, Nathan 2006).

On lit dans la presse nationale (Sprijin pentru crearea brandului turistic al României;75 de milioane de euro, cheltuiþi de Guvern pentru a promova turismul românesc) que la Roumanie va utiliser 75 millions d'euros des fonds structurels (y compris via INTERREG) pour "améliorer son image de marque" ou "pour améliorer le tourisme". Les meilleurs organismes de conseil vont être sollicités dans l'organisation de l'appel d'offre. Questions légitimes: quelles sont (en Roumanie) les régions transfrontalières stimulées par l'utilisation des fonds INTERREG? comment promouvoir l'image du tourisme lorsque les services et les infrastructures ne sont pas conformes aux standards européens, et qu'il n'existe aucune stratégie politique concrète pour que cela change? suffit-il d'avoir un grand nombre de voitures haut de gamme (dans un pays où le salaire moyen est autour de 200 Euros/mois) en circulation sur des routes meurtrières? (ici, pour être justes, il faudrait rappeler aussi les affaires de corruption impliquant le personnel habilité à délivrer les permis de conduire).

Ce n'est pas parce que le Sommet de l'OTAN en Avril dernier a été organisé à Bucarest (sur l'initiative de la Roumanie d'ailleurs, et pour la seule raison évidente de faire parler d'elle autrement), que notre pays a une image qui pourrait faire rêver (sainement) à l'international. Bien sûr, si l'on veut trouver une utilisation au pactole européen qui nous tombe dessus (pas aux citoyens lambda, mais aux groupements d'intérêts qui s'enrichissent toujours plus), on peut initier plein de "projets" de ce genre. Mais un élémentaire bon sens dit qu'il faut commencer par le commencement: nettoyer la maison avant de lancer des invitations. Tout ouvrage qui traite des institutions européennes cite les progrès que des pays comme l'Espagne, la Grèce, le Portugal, l'Irlande ont faits grâce aux fonds structurels. La Roumanie ne sera pas dans ce cas. Vraisemblablement, la CE n'a toujours pas intégré correctement la vérité que la Roumanie est un pays très, très particulierAprès tout, il se pourrait bien que oui, et qu'elle "laisse faire et laisse passer"...

 

15/06/2008

UE-27/Notre confiance...

En Europe, ce n'est plus vraiment l'Italie qui fait traditionnellement tache d'huile. La Roumanie enregistre une multiplication des crimes en style mafieux. Marchés et zones d'influence, taxes de protection, règlements de comptes. Comme dans cette même ville, à quelques jours d'intervalle: Crimă în stil mafiot la Galaţi; Reglare de conturi între clanurile mafiote.
A ces voix (du peuple, disons) qui réclament naïvement (?)...la peine de mort contre "ces psychopathes", je dirai ceci. D'abord, il ne s'agit pas ici de psychopathes, mais de criminalité organisée. Il s'agit d'une ville gangrenée, parmi d'autres villes gangrenées, où les intérêts se cristallisent en réseaux: monde interlope, justice, administration, officines de renseignements, etc, chacun à un autre palier (et cela depuis des années). Ces gens-là ne sont pas cliniquement malades, ils font partie d'un système. Ensuite, il serait honteux de souhaiter retourner à la peine capitale, surtout après l'adhésion à des structures comme l'OTAN et l'UE, et cela uniquement parce que nous ne sommes pas capables d'avoir des institutions démocratiquement saines. L'actuelle évolution de la Roumanie aurait de quoi inquiéter les mêmes structures qui l'ont accueillie. Dans ces conditions, investir et avoir des affaires prospères en Roumanie risquent de représenter une carte de visite en soi...(finalement, je devrais remercier mon destin de n'avoir pu l'avoir, cette carte de visite).
Aujourd'hui, fin de la fièvre électorale municipale (autrement dit, élire ceux qui dirigeront nos villes et nos villages, et surtout les fonds européens à absorber), parsemée d'incidents: empoignades, coups de feu par ci par là, parfois candidats ayant fait de la prison, corruption d'électeurs, (tentative de) fraude, enfin, tout ce qui va avec... (16/06: les média roumains reprennent des échos de la presse internationale
sur les municipales à Bucarest et utilisent la formule "c'est la gauche qui l'a emporté" -seulement, en Roumanie, distinguer "la gauche" et "la droite" est aussi dépourvu de sens que distinguer entre tel et tel parti politique. Il y a des groupements d'intérêts personnels- financiers et/ou de pouvoir -c'est tout).

01/05/2008

Feindre la transparence

Je suis allée en Roumanie (9-28 Avril) essentiellement pour organiser la cérémonie anniversaire de la mort de ma mère, et je suis restée aussi pour Pâques. Un séjour de vingt jours, c'est beaucoup. Mon portable chez SFR a basculé dès mon arrivée sur Connex ou Orange, et a fonctionné tout le temps comme un GPS, me localisant partout et encombrant ma messagerie. J'avais lu dans la presse qu'à l'occasion du sommet de l'OTAN des accords avec tous les opérateurs avaient été conclus pour que les conversations puissent être interceptées. Ils ont été prolongés, sans doute...J'ai donc profité de l'occasion pour expliquer à ma belle-fille, qui appelait des US sur la ligne fixe que j'ai en Roumanie, pourquoi ses courriers n'arrivaient pas à destination, à Galati ("they are checking, by curiosity, I don't know why...they are still active...it is Romania..., yes, you can try again..., no money, no photos..."). Pas de cyber cafés, tous ont disparu (sauf un, dans un autre quartier, et j'y allais tous les trois jours pour vérifier mes mails), en revanche, plus de 40 casinos kitch -je n'ai pas appris qui détenait le marché des jeux électroniques, mais quelle importance, après tout? Je suis tombée en pleine période électorale (les municipales), qui en Roumanie a son côté hallucinant. Avec toute la bonne volonté de suivre, vous perdez vite le fil. Qui fait quoi, où, et comment? La multitude de personnages politiques (à un moment donné, j'ai renoncé à comprendre ce qu'ils disaient, me limitant à observer ceux qui ne faisaient pas de fautes de roumain), les coups de théâtre, les coups bas, les promesses électorales combinées avec des dons en aliments (période pascale oblige). Dilemme: saucisses ou hamburgers?

J'ai tenu entre les mains les éditions-fleuve des quotidiens que je consulte d'habitude en ligne, pour y trouver ce que tout le monde sait normalement. Par exemple, que les ex- agents des services (internes et externes) dirigent aujourd'hui les domaines de l'énergie, de l'immobilier, enfin, presque tout: CUPOLA - EPISODUL III: Statul, parazitat de foştii săi spioni (pas besoin de traduction, vous faites défiler les articles et les épisodes, c'est clair comme dans les films muets...). Il existe quelque chose qui en Roumanie a été porté à sa perfection -c'est l'art de la diversion. Il est loin d'être mort, bien au contraire, il est vivant, grâce au recyclage, à la filiation, à la conversion. Il n'agit pas avec finesse, je l'ai déjà dit, mais par contamination, ce qui fait que rien de valable n'existe en dehors des réseaux. Voyons, supposons que vous ayez la patience de parcourir les articles en question (attention, l'accès au site du journal pourrait être plus lent), et que vous gardiez après un reste de lucidité. Qu'est-ce que vous trouveriez à reprocher aux personnes dont on parle? Ces gens-là n'ont fait que leur travail à une époque, et aujourd'hui, par une logique propre à certaines démocraties, ils sont aux commandes de l'économie et des affaires de l'Etat. Il faut préciser surtout qu'entre eux il y a des rivalités, d'où la transparence. Moi, en lisant ces articles transparents, je comprends que la Roumanie est un pays dirigé par les anciens agents des services spéciaux, devenus milliardaires, et qui se posent en vrais patriotes. Pas vous? J'ai une tante qui est d'avis que je manque de diplomatie, et que je ne réussirai pas à faire ce que je souhaite en Roumanie en continuant dans ce style, puisque ce sont ces gens-là qui ont le pouvoir, et que je n'ai rien. Justement...

C'est le 1er Mai, je reçois de Roumanie un message énervé m'expliquant comment tout s'achète, même la météo et la télévision, qui ont donné de bonnes prévisions pour ce week-end, pour que les gens fassent des réservations et aillent à la mer ou à la montagne, or le temps est un peu pourri (orages, inondations...). Conseil: regardez la météo sur Internet (moteur international), plutôt qu'à la télé.

P.S La série continue:Spionul-alchimist. Cela donne la chair de poule, ou dégoûte et révolte - c'est selon, mais je peux toujours traduire, malgré ma nausée, si vous le souhaitez.

11/01/2008

Les Fonds (I)

Huit membres du gouvernement roumain (ancien et actuel) attendraient le verdict du président de l'état pour faire l'objet d'une enquête du DNA (département national anti-corruption). Deux font partie de l'actuel gouvernement: le ministre de la justice et le ministre du travail. Ce dernier serait intervenu auprès de sociétés d'état pour que celles-ci accordent des conventions de formation professionnelle à la compagnie dirigée pars son fils: http://www.evz.ro/article.php?artid=332398
(apparemment, ce que laissait entendre la lettre que j'adressais l'année dernière à mon ancien collègue, aujourd'hui le ministre du travail, ne serait pas si loin de la vérité (sur ce blog la note du 20/06/2006, A Fortnight in Romania).
En Roumanie, le système médical va en se dégradant (le quotidien EVZ publie un dossier dans la campagne "L'hôpital nuit gravement à la santé": les mentalités communistes, la misère dans les hopitaux, les salaires bas, qui font que les médecins partent pour travailler à l'étranger et que les managers des unités sanitaires se confrontent avec un manque accru de personnel, la qualité en baisse de la formation médicale, la communication désastrueuse médecin-patient, les pots-de-vin presque obligatoires, résultats des frustrations des médecins, les urgences traitées avec du retard et de l'indifférence...(http://www.evz.ro/article.php?artid=335034)
L'article "La mort de Madame Lazarescu" ( http://www.evz.ro/article.php?artid=334896),
en pastichant le titre du film "La mort de Monsieur Lazarescu" (je l'ai vu cet été, en DVD, ...aux US, je le recommande) parle du cas d'une malade qui, transportée entre différents hôpitaux à Bucarest, finit par déceder d'un stop cardio-respirateur...
(C'est exactement cela, le système sanitaire en Roumanie: les gens ont peur d'aller à l'hôpital, c'est surréaliste, je le sais par expérience. Ma mère est morte dans un tel hôpital il y a quelques mois, et elle ne voulait pas y aller, mais en Roumanie le marché des bouteilles à oxygène étant inexistant, je n'ai rien pu apporter de France...)

05/05/2007

Annonce

Il est vrai que la Roumanie est en pleine crise politique, et ces conditions ne sont pas les meilleures pour attirer les investisseurs tant désirés. Ceux qui viennent d'ailleurs, ne sont pas des modèles d'intégrité, cela va de soi...Pas très loin, deux cents oligarches russes sont en train d'acheter tout Londres. L'Occident reste silencieux devant le pouvoir des oligarches, dont les liens avec les politiques se tissent discrètement et sûrement. Mais la Roumanie (et ses voisins) n'a pas ce que l'Occident a encore: une longueur démocratique d'avance. La France va faire son choix présidentiel demain. Quel que soit ce choix, et malgré une rhétorique grandiose, le vrai et insoluble problème est  comment créer du travail. Le reste est de la littérature, comme on dit...Bonne chance, anyway!
Je publie donc, ici aussi, ma petite annonce:
Owner of a small company in Romania, I am looking for a partner to start it. For several years, I was carrying alone the project of a Training Center between Romania and France, where I am a resident. My deep interest is to work within the triangle Romania-Europe-US, and an international center could have been a good idea, but I am available to see other suggestions. The company is a limited one, located in Galati, South-East of Romania. According to its status, the company may set other branches everywhere in Romania or abroad, in observing the same specific activity: trading, consulting, representation, professional training. Contact Mrs. Carmen Lopez serghie_carmen@yahoo.com

07/03/2007

Après l'Otan et l'UE

Un article (acest) paru dans Romania Libera réunit les opinions de quelques analystes. Elles m'ont semblé très justes, en voici un résumé. AM-P. Les deux objectifs après-Décembe '89 atteints -l'adhésion à l'OTAN et à l'UE-, il manque une vision globale sur l'avenir du pays. L'intégration européenne s'est faite pour des raisons politiques, et non pas parce que la Roumanie aurait le niveau. Si elle continue avec l'agriculture et le commerce, dans 20 ans elle deviendra une sorte de Turquie, alors qu'il faudrait développer les secteurs économiques basés sur l'intelligence. Nous n'avons rien à offrir, et si nous projetons nos ambitions à l'échelle nationale, on voit peut-être la Moldavie, cette région malheureuse dont nous ne savons pas trop quoi faire, et dont persone ne se soucie. L.S. La Roumanie se joint à l'UE avec de nombreux handicaps: image internationale négative, corruption supérieure aux niveaux régionaux, administration inefficace et coûteuse, cadre législatif déficient, classe politique rapace, aux mentalités dépassées, portant de fausses valeurs, manquant de professionnalisme et s'épuisant dans des luttes entre les personnes, les partis...Les politiciens plus jeunes proviennnent des proches des anciens, qui n'ont quitté la scène politique qu'une fois à la retraite. Peut-être qu'à long terme la Roumanie pourrait se positionner comme un pont entre l'UE et les voisins à l'Est, et comme un médiateur dans le bassin de la Mer Noire. T.G. Le plus grand défi de la Roumanie demeure sa classe politique. Après des scandales, des luttes, des aventures, les politiciens roumains se retrouvent depuis Janvier 2007 sur une île paradiasiaque qui paraît offrir la corne de l'abondance. Ils sont strictement préoccupés de leur petit univers, et pas du tout animés d'un réel sens de la responsabilité publique, or cette île risque d'être engloutie dans les flots de la première tempête politique dont les gros nuages s'accumulent déjà à l'horizon européen. Le rôle de la Roumanie dépend de ses politiques, qui doivent redéfinir leur personnalité et changer les vieilles habitudes. Les Roumains, qui ont connu la tyrannie communiste pourraient parler aux mandarins de Bruxelles des potentiels dangers menaçant la liberté et venant des directions connues ou nouvelles. A.L. La modernisation des institutions et une économie compétitive sont des facteurs primordiaux, mais ils sont freinés par la politisation excessive qui fait que des milliers de décisions exécutives sont tranchées dans les bureaux des partis au pouvoir, et que les citoyens regardent avec suspicion l'administration publique. Les pays qui ont fait le saut de l'économie compétitive il y a 30-40 ans, tels la Finlande, l'Estonie, l'Irlande ont massivement investi dans l'éducation et se sont orientés vers des domaines à forte valeur ajoutée -les High Tech. Les problèmes actuels majeurs -relation avec les US, avec la Russie, la sécurité énergétique, le danger du fondamentalisme islamique- ne représentent pas la proccupation du milieu politique roumain, plutôt médiocre et sans vision, ni celle de la société roumaine, dominée par la passivité et l'esprit de paroisse. 
J'ai sélectionné quelques exemples, pour la route. Si les faits datent d'avant 2007, cela ne veut strictement rien dire... L'Institut National de L'Administration a fraudé 3 programmes Phare à hauteur de 13 millions d'euros -embauches illégales, contrats fictifs avec des sociétés, personnes, associations, experts collaborateurs ne figurant nulle part, surfacturation des formateurs, etc(acest). Ou bien ceci. Les "gars futés" de chez Energy Holding ont demandé aux Russes de chez Alro 4 millions $ en échange de la possibilité d'acheter de l'énergie élecrique directement à l'Etat. "Alro a soutenu ou a motivé quelqu'un de l'Administration présidentielle avec 4 millions$", Energy Holding ayant joué l'intermédiaire entre Hidroelectrica, le producteur de courant et Alro, le consommateur („Băieţii deştepţi” au umblat cu valiza de 4 mil.$ ). Un peu compliqué, n'est-ce pas...Voyons un trafic plus simple, bas de gamme, mais lié à la conjoncture récente. De plus en plus de Moldaves, pour arriver en Occident se procurent de faux documents en Roumanie (3000-5000Euros). Un Moldave arrive légalement en Ro, contacte un intérmédiaire, celui-ci cherche un Roumain aux traits ressemblants à qui il propose 1000 Euros pour utiliser son identité, une fois le document obtenu il est vendu au Moldave avec 3000E (c'est cher, mais c'est parce que les Roumains voyagent vers l'UE uniquement avec leur carte d'identité). Pendant que ses concitoyens forcent les frontières vers l'Ouest, le Président de la Moldavie, dernier communiste tel quel en poste, menace le gouvernement roumain de mesures diplomatiques, car "le spectre de l'Union avec la Roumanie et la politique de Bucarest sont les principales causes de la destruction économique de la République Moldave..., qui elle, n'a pas besoin que la Roumanie lui impose des standards européens auxquels elle n'est pas arrivée non plus, ni d'avocats, ni de locomotives vers l'UE"(acest ). Et voilà. Mine de rien, selon les rapports la Moldavie est le principal distributeur de drogues en Europe http://www.evz.ro/article.php?artid=294583.

24/02/2007

"Vous êtes Européenne" (suite)

Elargissement-ro fête ce mois-ci ses trois ans. Bon anniversaire, cher blog, tu as fait de ton mieux! Maintenant, je crois que tu pourras jouer, à ta manière, l'interface entre les médias ou les quotidiens roumains et ces lecteurs dont la langue n'est pas le roumain, et qui apprendront ainsi plus facilement des aspects sur cette  Roumanie en pleine évolution, n'est-ce pas?
Et voici un premier pas d'Européenne de plein droit.
 (e-mail)
"Cher Monsieur,
Je viens de trouver dans ma boîte aux lettres Le... et je l'ai parcouru avec attention. En règle générale, je trouve que la vie politique locale est passionnante, par certains cotés, mais surtout, je ne me sens pas trop dépaysée (je suis Roumaine, résidente à Nice depuis quelques bonnes années...). En plus, j'ai une histoire particulière avec ce département, en raison de mes vains efforts pour monter un projet européen entre la France et la Roumanie...Qui sait, un jour cela pourra donner un petit livre. Il suffirait juste de réunir les éléments d'une correspondance à tous les niveaux.
Je voulais vous remercier pour l'information parue dans le numéro d'aujourd'hui, concernant le vote des Européens en France aux Municipales et aux Européennes. J'ai appelé en Mairie pour plus de renseignements, et je me présenterai la semaine prochaine pour m'inscrire sur les deux listes électorales.
Avec mes salutations cordiales,
Carmen Serghie Lopez
(...)"
Bien sûr, il existe depuis un mois aussi  www.infoeuropa.ro, j'aurais retrouvé sans doute ces infos quelque part, si l'idée m'était venue de les chercher, mais dans ce journal les mêmes infos avaient un but: celui de faire remarquer que le vote des résidents européens pouvait compter, à un moment donné.

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