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05/07/2006

"Dance with me"

Il est sorti aujourd'hui. Avec Antonio Banderas dans le rôle d'un prof aux origines franco-espagnoles (donc, plutôt chaleureux que sec,  mais aussi ferme), qui prend le pari d'enseigner la danse de salon dans une école publique new yorkaise. Un petit bijou: de la bonne musique, de la psycho-pédagogie sur un fond de french courtoisie. J'ai adoré! Ce sera sans doute, mon film de l'été.

09/01/2006

"Bobby G."

J'ai eu pour Noël une autre jolie surprise de la part des enfants et des collègues de l'école où j'avais travaillé jusqu'en Novembre dernier, à part les fleurs, les dessins et les chocolats: trois cartes cadeaux, avec lesquelles j'ai choisi à la Fnac un balladeur CD MP3 (le MP3, c'est pour le jour où j'aurai un ordinateur), et un lecteur DVD (je n'avais qu'un magnétoscope). Ma vie a ainsi enregistré une nette amélioration: je peux voir des films en VO, sous-titrés en français, et donc j'entends de l'anglais. Cela tombe bien aussi parce que le nombre de chaînes de télévision que je reçois (6, en fait), se réduit à chaque fois que des voisins se font installer le câble et touchent à l'antenne collective sur le toit...
J'ai trouvé à la médiathèque "Bobby G." en DVD, et je l'ai emprunté pour le week-end. C'est un petit polar noir, Prix du meilleur film et du meilleur réalisateur au Festival de Los Angeles en 1999, et sélectionné pour le Festival de Cognac en 2000. L'atmosphère rappelle celle des romans de Chandler ou de Chase. Naturellement, j'ai aimé. Mais ce qui est bien avec les DVD, c'est l'interactivité: entretiens, réactions dans la presse, récompenses. J'ai appris comment le film avait été fait, juste avec un script et un camescope qui filmait les mêmes rues dans New York sous des angles astucieusement choisis, ou comment le réalisateur avait réussi à trouver l'argent nécessaire pour la distribution du film...
Des réussites dans ce genre, typiquement américaines, consistant à faire quelque chose de valable avec trois fois rien, c'est-à-dire avec quelques idées et de l'enthousiasme, plus un brin de chance et une bonne rencontre, sont très indiquées pour mon moral actuel. A la fin du DVD, j'étais même optimiste, en pensant que mon projet devra voir certainement le jour.
"Kaamelott" sur M6, (série qui me détend), en a rajouté à ma bonne humeur: "Se battre sans l'expérience des armes est preuve de grand courage". Et comment!

16/02/2005

La diplomatie a des raisons que la raison...

J'ai deux souvenirs roumains sur François Mitterrand.
Le premier date de 1981, quand il venait d'être élu Président. Ce jour-là, au cours d'une discussion entre collègues, pendant la pause, quelqu'un a fait remarquer qu'en France les socialistes l'avaient emporté dans les élections, à quoi j'ai répliqué: "Oui, mais leur socialisme n'est sans doute pas comme le nôtre". Le lendemain, la secrétaire du Parti de l'école, une bonne collègue, d'ailleurs, me dit confidentiellement: "Carmen, on m'a convoquée au Comité départemental du Parti, il paraît que tu as affirmé que..." Tout fonctionnait comme ça. Parfois, certains activistes avaient le sens de l'humour et comprenaient qu'il nous fallait jouer le jeu ensemble. Ma mère, professeur de maths dans un collège avait exprimé (toujours pendant la pause) son inquiétude au sujet des dernières augmentations du prix de la viande. Le lendemain, on la convoque au siège du Parti: "Camarade S., vous avez fait des commentaires sur les augmentations...". "Mais non, cela m'étonnerait, camarade Secrétaire, je suis très prudente...". Le camarade a ri et l'a laissée tranquille, ce fut pendant des années l'anecdote de la famille (presque tous ceux qui étions dans l'enseignement étions membres du Parti ("le centre vital de la nation"), cela allait de soi, car comment concevoir que nous pouvions dispenser des connaissances aux élèves sans avoir atteint le niveau de conscience requis?!!!).

Le deuxième souvenir concernant François Mitterrand date du tout début des années '90, lors de sa visite en Roumanie, juste après les événements qui ont marqué la chute du mur. A l'Université de Iasi, les étudiants l'ont accueilli avec une hostilité véhémente et des tomates, c'était le premier chef d'Etat qui venait ainsi cautionner la nouvelle équipe en place, le gouvernement de Iliescu et de Petre Roman (si adulé en France...), à savoir la nomenklatura de deuxième rang.
Bien sûr, après, la révolte s'est émoussée, la diplomatie a pris le dessus. Plus récemment, par exemple, l'ex-Premier Ministre roumain était Chargé de cours à la Sorbonne et je ne sais quelle revue française lui accordait, il y a deux ou trois ans, le titre du meilleur homme politique, quelque chose de ce genre...
Voici ce que j'écrivais dans "Nice, mon amour...?", à propos de ces années-là. Entre autres, j'ai aujourd'hui en France l'occasion d'entendre le réalisateur du documentaire en question sur Arte TV, dans l'émission Ripostes...


Je viens de regarder un film français sur la télévision roumaine et sur la manière dont elle avait reflété les événements de cette année. Il est bien possible que les Français aient saisi, à travers la subtilité de ce ciné-vérité, le gros mensonge, mais moi, à part un sentiment de ridicule amer, je me suis sentie frustrée dans l'attente de voir, une fois pour toutes, la réalité de ce printemps, surprise objectivement par un étranger et dévoilée à nos gens perfidement trompés et déroutés.
A un moment donné, je me suis dit que les nôtres avaient peut-être mutilé la cassette, dans leur style bien connu, puisqu'il en avait résulté une image curieusement favorable au pouvoir actuel, ce qui après tout, devenait même comique. Cette déception m'avait rappelé la constatation banale et triste d'un collègue:" personne n'est honnête, quant à la justice, elle n'existe pas, et cela ni chez nous, ni ailleurs".



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Carmen Lopez
serghie_carmen@yahoo.com

16/12/2004

Les vraies prisons

Vous pouvez vivre dans "le meilleur des mondes possibles" et être en prison. Ce n'est pas parce que vous pouvez vous promener au bord de la Méditerranée au lieu de vous promener sur la falaise qui longe le Danube, dans une ville à 2000 Km plus loin, que vous êtes libres. Vous êtes en prison quand vous ne pouvez pas prendre un vol et aller à l'enterrement de votre père, ou quelques années plus tard, prendre un vol pour aller assister au marriage de votre fils. Vous êtes en prison quand vous travaillez uniquement pour payer votre abri et participer par votre infime consommation au circuit économique de ce monde organisé. Vous êtes en prison surtout quand vous devez prier qu'aucune vitre ne se casse ou qu'aucun imprévu domestique (robinet, électricité, etc) ne survienne. Vous devez aussi être vigilants avec les cafards ( vous avez choisi une grande ville...).
Mais vous avez la liberté de vous mettre (dans votre tête, maintenant) la cassette de ce film (américain, bien sûr) qui raconte un belle histoire d'espoir. C'est un détenu qui, à un moment donné est choisi pour aider au service financier de la prison et qui arrive à se forger une identité à l'extérieur (un nouveau nom, une carte de sécurité, un compte bancaire alimenté) et qui fait une évasion réussie au bon moment. La dernière séquence du film le montre en face de l'océan, admirant le lever du soleil.
Tant que vous pouvez encore remettre cette cassette dans votre tête, avec le même sentiment que tout est possible, vous avez gardé intacte une marge de liberté. C'est le cadeau de Noël dont vous vous gratifiez vous-même.
Carmen Lopez
serghie_carmen@yahoo.com
http://elargissement-ro.hautetfort.com