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15/07/2019

Ma retraite

L’unique chose que je puisse faire, c’est d’écrire cette note sur mon blog, sans la partager inutilement sur Facebook, le lieu de la sociabilité joyeuse. Un monsieur fait une tentative de suicide parce que des trimestres ne lui ont pas été reconnus pour sa retraite. Cela ne risque pas de m’arriver, tout simplement parce que ce sont la colère, la révolte et le dégoût qui, paradoxalement, me protègent. Néanmoins, je ne vais pas non plus me battre inutilement pour faire valoir mes droits, car je suis épuisée. Je l’ai fait pendant des années, je ne crois plus à la justice, même si, comme tout un chacun, j’en ai besoin comme de l’air.

Après de magnifiques années de survie dans le monde du travail français, me voici arrivée au moment où je dois faire ma demande de retraite auprès de plusieurs caisses. Et mon cauchemar récurrent, qui s’appelle la CIPAV, la caisse pour les indépendants, est plus effrayant que jamais. J’ai déjà écrit plusieurs notes à ce sujet: je vais me contenter de reproduire plus loin quelques extraits et des liens vers les notes archivées. Bref, la CIPAV vient de calculer d’une manière incompréhensible pour moi le nombre de mes trimestres. Bien que j’aie toujours réglé mes cotisations (au régime général, car la complémentaire dépassant mon entendement, j’ai été obligée d’y renoncer), je constate des années pour lesquelles on m'a accordé un ou deux trimestres, au lieu de quatre, ou bien des années qui sont complètement annulées de ma vie, aucun trimestre..

Pour 2018, la caisse m’a envoyé un chèque de remboursement: "Madame, Votre compte présente un excédent de...euros. Vous trouverez sous ce pli un chèque numéro..., correspondant au remboursement de cette somme". J’en ai profité pour acheter une nouvelle cuisinière. Mais voilà, la caisse prétend ensuite que je n’ai pas assez cotisé, et donc que je n’ai pas les trois trimestres auxquels j’avais droit. C’est dire qu’ils préfèrent rembourser des cotisations, pour invoquer ensuite que vous n’avez pas cotisé suffisamment, au lieu de vous accorder les trimestres. C’est pervers ou vicieux, en plus d’être injuste. Il y a quelques années, quand j’avais davantage d’énergie et qu'il me restait encore un brin de confiance, j’avais saisi le Médiateur de la République pour des montants aberrants qui m’étaient demandés comme cotisations. Ils avaient recalculé, ils avaient réduit quelque chose de l’ordre de mille euros, une bricole, vu que depuis 2008, j’ai réglé quelques milliers d’euros, pour avoir 10 euros de retraite de leur part. Vous appelez cela une forme de justice ? Je ne retrouve pas, sur le nouveau site de la CIPAV, trop bien réalisé, la trace de tous les versements depuis 2008, comme sur le site précédent. De toute manière, je me suis résignée à en rester là, avec cette histoire. Je reviens à l'affirmation d'origine: "Il n'y a pas de destin qui ne puisse être surmonté par le mépris". En 1992, je l'avais adaptée: "Il n'y a pas de destin qui ne puisse être surmonté par l'espoir fou". Mais c'est Camus qui a raison. 

Pour le moment, je souhaite poursuivre mon activité en tant que CEFRO, ne serait-ce que pour l’aspect psychologique, pour ne pas me flinguer, comme on dit en bon français, et je continuerai à payer des cotisations à fonds perdu. Ce sera pour l’action sociale, m’explique-t-on. Bien sûr.

"Entreprendre en France représente un véritable acte de courage (je le sais bien, en tant que condamnée à… la CIPAV).

http://elargissement-ro.hautetfort.com/archive/2016/05/02/tout-sauf-les-americains-5796484.html

http://elargissement-ro.hautetfort.com/archive/2014/11/25...

http://elargissement-ro.hautetfort.com/archive/2012/02/03...

http://elargissement-ro.hautetfort.com/archive/2015/03/13...

http://elargissement-ro.hautetfort.com/archive/2016/05/26...

 

Commentaires

Après une nuit blanche, je viens d'envoyer en AR une contestation à la CIPAV. Par acquit de conscience.

Écrit par : Carmen | 16/07/2019

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