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25/04/2026

Au bon moment...

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(Photo- Le Jardin du Paillon, Nice)

La Roumanie traverse ces jours-ci une très grave crise gouvernementale, un moment crucial depuis 1989, d’après les analystes. La question est de savoir si elle va continuer sur la voie européenne ou si elle va glisser vers l’isolationnisme. Après des mois de tourmente politique (poussée du parti souverainiste, annulation de l’élection présidentielle sur fond d’ingérence russe), voilà que le Parti social-démocrate (PSD) a annoncé son départ de la coalition au pouvoir, fragilisant ainsi le gouvernement du premier ministre libéral Ilie Bolojan, qui ne bénéficie plus maintenant du soutien d’une majorité parlementaire. Cela tombe exactement dans le contexte international que nous connaissons tous (les conflits, la crise de l’identité européenne, l’absence d’un projet européen clair, la dégradation du débat public, la propagande russe, chinoise, etc.), et surtout quelques mois avant d’absorber les 10 milliards d’euros de fonds européens via le PNRR.

Pratiquement, le GIO nommé PSD (longue tradition dans la corruption) fait exploser le gouvernement au moment où toute la planète est assise sur une poudrière, politiquement et financièrement, et où le pays est en déficit excessif, récession économique et chaos. Le premier ministre (qui habite un 62 m2 et n’a pas d’argent caché dans des boîtes à chaussures) a engagé un nombre de réformes menaçant le GIO. Il affiche un certain courage pour impulser le changement et forcément il dérange les jeux, les barons locaux, les sinécures, les grandes magouilles. Le gros risque pour la Roumanie serait que le nouveau courant des instigateurs mécontents gagne en fin de compte. Ils veulent simplement contrôler le système actuel, l’Etat et la société, selon leurs propres critères…Sur le papier, la Roumanie a une coalition pro-européenne stable, mais on ne le voit pas dans les résultats. 

Hier soir, un drone est tombé à Galati, à l’est, ma ville. D’autres étaient déjà tombés plus au sud, celui-ci est tombé dans une propriété, mais heureusement il n’a pas fait explosion. Avoir les Russes à sa frontière n’est jamais drôle. Il faudrait posséder des drones intercepteurs, nous n’en avons pas, bien que l’Ukraine nous ait proposé ce type de drones, lors de la dernière visite du président Zelensky. Pour simplifier : d’une part, la corruption, la stupidité, la négligence, l’incompétence qui règnent dans les institutions de l’Etat freinent toute réaction ou décision qui s’imposerait normalement ; d’autre part, s’il existe un courant pro-russe en Roumanie, il est plutôt l’effet d’une attitude anti ukrainienne.

En ce moment, les ministres PSD ont présenté leurs démissions, mais l’appareil reste en place : les secrétaires d’Etat, les cabinets, les préfets, les conseillers, les directeurs des agences, des compagnies, nommés par le PSD. Dans les prochains jours, une formule sera trouvée: motion de censure et chute du gouvernement, ou coalition sans PSD, ou un premier ministre technocrate, sans appartenance à un parti.

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