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18/04/2019

Pâques 2019

cathédrale Notre-Dame de Paris, pâques, racines chrétiennes

(Mes photos- Paris, mars 2017) 

Quelques jours avant les fêtes de Pâques de cette année, deux images se sont imposées avec force. La première, c’est celle du pape s’agenouillant pour embrasser les pieds des leaders du Soudan. Un geste que j’ai ressenti comme une distorsion de sens, comme l’orgueil de l’humilité, comme une petite horreur, une pépite de l’hypocrisie contemporaine, politique, idéologique, religieuse. Je l’ai écrit en commentaire à l’image partagée, et Facebook m’a censurée. Mais voilà, CNN publie la même image (rendue publique par le Vatican d’ailleurs), avec l’explication correcte, celle qu’il fallait retenir: la tolérance, et tout le reste…

La deuxième image, c’est celle de la cathédrale Notre-Dame de Paris dévastée par l’incendie qui l’a défigurée, après 850 ans (on a décidé d’emblée que celui-ci était "d'origine accidentelle et involontaire"). Le temps s'est rétréci brusquement et j'ai revu l’époque sur laquelle je m’étais penchée dans mon travail de Thèse -La Rhétorique de la Passion dans le roman médiéval. En 1163, quand la première pierre de la cathédrale a été posée, Chrétien de Troyes avait trente ans, et il allait être contemporain de son édification pendant encore trente ans. Hier, dans une interview à la matinale du Sud Radio, l’Archevêque de Paris a rappelé que la cathédrale n’était pas un musée, ni un bâtiment fonctionnel, mais qu’elle avait été édifiée au nom du Christ. A ce jour il existe une forme de tabou de prononcer le mot racines chrétiennes, catholiques. "C’est une laïcité mal comprise, qui est simplement la distinction du pouvoir". 

En écrivant que le Christ agonise en chacun de nous, Miguel de Unamuno situait le christianisme au-dessous de toutes distinctions morales, politiques, sociales, et le plaçait au fond de l’homme sous la forme de la lutte entre ses contraires. Le symbole de la Passion représente cette lutte permanente.

« Agonise celui qui vit en luttant, contre la vie même et contre la mort. Et le Christ vient nous apporter l’agonie, la lutte et non la paix. De même que le christianisme, le Christ agonise toujours, il sera en agonie jusqu’à la fin du monde : il ne faut pas dormir pendant ce temps-là. Ainsi écrivait Pascal dans le Mystère de Jésus. » (L’Agonie du christianisme, 1925)

La dernière fois que j'ai vu la cathédrale Notre-Dame c'était en mars 2017. J'avais réservé dans un petit hôtel non loin de là, dans le Quartier latin, et la veille de mon rendez-vous à l'Ambassade des Etats-Unis (pour le renouvellement du visa de dix ans), j'y étais entrée et j'étais restée une demi-heure. J'avais fait des photos, même une petite vidéo. J'avais longé le quai, et je la trouvais d'une beauté majestueuse et rassurante. Elle est aujourd'hui blessée profondément, gravement amputée, mais elle est debout.   

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