31/05/2026
Le drone
(Photo- Nice)
Il y a eu donc un lot de 43 drones lancés par la Russie et dont 42 ont été interceptés par les Ukrainiens. Un seul est arrivé en Roumanie, dans la nuit du 29 mai, dans la ville de Galati située à quelques kms de la frontière ukrainienne. Il a fait explosion sur un immeuble en plein centre-ville, sur un appartement au dixième étage, en blessant une mère et son fils. Je l’ai appris en allumant mon téléphone le matin, et j’ai appelé à Galati, après avoir reconnu les lieux sur la photo. C’est ma ville, et l'appartement de ma famille se trouve juste en face, de l’autre côté de la rue. Depuis le début de la guerre, c'est le plus grave incident sur le territoire roumain, mais cela fait trois ans que des morceaux de drones tombent dans cette région en Roumanie.
La crise politique profonde que traverse le pays n’est pas finie, il n’y a pas de nouveau gouvernement après la motion de censure votée par les sociaux-démocrates (qui d’ailleurs n’ont jamais rien eu en commun avec la social-démocratie depuis la chute du Mur, mais plutôt avec le 'pur banditisme', comme remarque un historien) et les souverainistes (là, non plus, il ne faudra pas confondre avec d’autres formations souverainistes en Europe, je constate souvent que l’on fait cette erreur en France). Ils ont fait tomber le gouvernement dont le premier ministre avait entamé des réformes, mais ils ne veulent pas assumer les conséquences, ils ont peur de gouverner un pays qui est à sec, ils ne savent comment faire, ils sont d'une incompétence crasse, presque inédite. Et voici qu’un drone russe fait explosion dans une grande ville roumaine, pour de vrai. Comme on s’y attendait, des accusations fusent de toutes parts, pas contre les Russes, mais contre les Ukrainiens qui, eux, sont bombardés chaque jour. On est complètement déphasés.
Il est évident que l’agression russe ne s’arrêtera pas et qu’elle prendra d’autres formes d’intimidation vis-à-vis des pays de l’OTAN. Le Kremlin sera toujours prêt à nier, à retourner les situations, on connaît… Mais la vulnérabilité de la Roumanie (ou sa schizophrénie), c’est qu’une partie de la classe politique (et des Services) est pro-russe et anti UE, ainsi qu’une partie importante de la population (40-50% d’analphabétisme fonctionnel, ça nuit à la démocratie). Même si, depuis son adhésion en 2007, la Roumanie a donné à l’UE 37 milliards d’euros et a reçu 110 milliards d’euros (qu’elle s’est appliquée à détourner en grande partie, avec un certain talent, mais c’est un autre vaste sujet). Pendant ces années de guerre en Ukraine depuis 2022 (en fait 2014), nous avons pu constater que le peuple ukrainien était fait d’un tout autre bois : il aime la liberté, réellement et profondément. Tous les peuples n’aiment pas la liberté et ne luttent pas, certains s’arrangent ou composent avec les circonstances, les idéologies.
Le Président Nicusor Dan s’est rendu à Galati, au lieu de l’explosion et à l’hôpital. Il a communiqué sur sa page officielle, en rassurant les Roumains et les partenaires de l’Union Européenne et de l’OTAN que les deux programmes - SAFE (Security for action for Europe, doté de 150 milliards d’euros, et dont la Roumanie devrait recevoir 16 milliards, programme auquel les souverainistes ont voté contre) et celui avec l’Ukraine (concernant la production commune de drones) sont solides (ils ont été signés). Mais qui pourrait prévoir la suite ?
08:00 Publié dans Actualités, Enjeux, Evénement, information, Presse, RO-EU-USA/Coopération | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roumanie, galati, explosion drone russe |
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25/04/2026
Au bon moment...
(Photo- Le Jardin du Paillon, Nice)
La Roumanie traverse ces jours-ci une très grave crise gouvernementale, un moment crucial depuis 1989, d’après les analystes. La question est de savoir si elle va continuer sur la voie européenne ou si elle va glisser vers l’isolationnisme. Après des mois de tourmente politique (poussée du parti souverainiste, annulation de l’élection présidentielle sur fond d’ingérence russe), voilà que le Parti social-démocrate (PSD) a annoncé son départ de la coalition au pouvoir, fragilisant ainsi le gouvernement du premier ministre libéral Ilie Bolojan, qui ne bénéficie plus maintenant du soutien d’une majorité parlementaire. Cela tombe exactement dans le contexte international que nous connaissons tous (les conflits, la crise de l’identité européenne, l’absence d’un projet européen clair, la dégradation du débat public, la propagande russe, chinoise, etc.), et surtout quelques mois avant d’absorber les 10 milliards d’euros de fonds européens via le PNRR.
Pratiquement, le GIO nommé PSD (longue tradition dans la corruption) fait exploser le gouvernement au moment où toute la planète est assise sur une poudrière, politiquement et financièrement, et où le pays est en déficit excessif, récession économique et chaos. Le premier ministre (qui habite un 62 m2 et n’a pas d’argent caché dans des boîtes à chaussures) a engagé un nombre de réformes menaçant le GIO. Il affiche un certain courage pour impulser le changement et forcément il dérange les jeux, les barons locaux, les sinécures, les grandes magouilles. Le gros risque pour la Roumanie serait que le nouveau courant des instigateurs mécontents gagne en fin de compte. Ils veulent simplement contrôler le système actuel, l’Etat et la société, selon leurs propres critères…Sur le papier, la Roumanie a une coalition pro-européenne stable, mais on ne le voit pas dans les résultats.
Hier soir, un drone est tombé à Galati, à l’est, ma ville. D’autres étaient déjà tombés plus au sud, celui-ci est tombé dans une propriété, mais heureusement il n’a pas fait explosion. Avoir les Russes à sa frontière n’est jamais drôle. Il faudrait posséder des drones intercepteurs, nous n’en avons pas, bien que l’Ukraine nous ait proposé ce type de drones, lors de la dernière visite du président Zelensky. Pour simplifier : d’une part, la corruption, la stupidité, la négligence, l’incompétence qui règnent dans les institutions de l’Etat freinent toute réaction ou décision qui s’imposerait normalement ; d’autre part, s’il existe un courant pro-russe en Roumanie, il est plutôt l’effet d’une attitude anti ukrainienne.
En ce moment, les ministres PSD ont présenté leurs démissions, mais l’appareil reste en place : les secrétaires d’Etat, les cabinets, les préfets, les conseillers, les directeurs des agences, des compagnies, nommés par le PSD. Dans les prochains jours, une formule sera trouvée: motion de censure et chute du gouvernement, ou coalition sans PSD, ou un premier ministre technocrate, sans appartenance à un parti.
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18/03/2026
Mon visa américain
C'est le troisième et je viens de le recevoir, valable jusqu'en mars 2036.
C'est la possibilité de voir ma famille, mais c'est aussi une forme d'espoir.
De ma journée marathon à Paris (en fait, quelques heures entre deux vols Nice-Paris-Nice), j'ai créé un Album Photos (colonne gauche): Une journée à Paris. Mars 2026
http://elargissement-ro.hautetfort.com/album/une-journee-...
18:53 Publié dans Actualités, Album, Enjeux, Loisirs, Publié sur Facebook, RO-EU-USA/Coopération, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : passeport ue, album paris, renouvellement visa usa |
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23/02/2026
Le Board of Peace et le défi à la cohésion européenne
(Photo -Les pâquerettes en février à Nice)
Ces derniers jours de février 2026 ont marqué une tension inédite au sein de l’Union européenne dont les membres ont réagi différemment à l’invitation du président américain Donald Trump pour intégrer le nouvel organisme (le BoP). Les enjeux diplomatiques entre Washington, Bruxelles et les Nations Unis sont complexes, les tensions dans l’UE montent et les choses évoluent vite.
Il y a 22 ans, exactement en février 2004, quand j’ai lancé ce blog, j’ai choisi pour titre de présentation : (elargissement-ro) Quelle place dans le nouvel espace euro-atlantique ? Je ne l’ai pas modifié et, si je n’ai pas opté pour la formule de mise à jour proposée par la plateforme d’hébergement, c’est justement pour garder la visibilité de tous les documents et de toutes les notes, des catégories et des liens qui sont là depuis deux décennies. Comme je l’ai déjà écrit, il s’agit d’un témoignage professionnel, personnel, politique aussi, et je paye un abonnement pro annuel. Mon intérêt constant est pour le « triangle » Roumanie -France (l’Europe) - Etats-Unis.
La présence du président roumain Nicusor Dan à Washington avec le statut d’observateur a divisé le pays, et pour cause, la Roumanie étant membre de l’UE (un membre vulnérable sous beaucoup d’aspects et surtout très dépendant des financements européens). Pour ma part, j’ai un avis. Néanmoins, j’ai interrogé l’IA que j’ai installée (Gemini) au sujet du BoP et de l’UE, en formulant mes questions avec attention, et sans mentionner la Roumanie (d’ailleurs, Gemini non plus ne la mentionne qu’une seule fois, au passage, dans le groupe des pays observateurs).
Voici un résumé des réponses à mes questions.
Le BoP (ou Conseil de la Paix) entretient une relation complexe et ambiguë avec l’ONU. Complémentaire ou concurrent ? La situation est plus tendue : le BoP se veut une structure plus efficace, capable de contourner les blocages (les vétos) du Conseil de sécurité de l’ONU, mais de nombreux pays (dont la France et l’Allemagne) craignent qu’il n’affaiblisse le droit international par un système diplomatique parallèle payant (l’adhésion permanente coûte 1 milliard de dollars).
Lors de la réunion inaugurale du 19 février à Washington, il y a eu deux types de participations : les Membres (27 pays) participent activement aux décisions, certains ont payé pour un siège permanent, d’autres ont un mandat de deux ans ; les Observateurs (22 pays et entités), comme l’Inde, l’Allemagne, la Suisse, le Royaume-Uni, l’Union européenne. Contrairement à l’ONU, Le BoP fonctionne de manière plus ad hoc et discrétionnaire : le statut d’observateur a été accordé quasi immédiatement aux pays qui ont répondu favorablement à l’invitation de la Maison Blanche sans vouloir s’engager financièrement ou politiquement comme membre de plein droit. Pour l’instant, il n’y a pas de procédure standard de plusieurs années, c’est le bureau de présidence du BoP, présidé par Donald Trump lui-même, qui valide la liste des participants avant chaque sommet. Il n’y a pas de délai administratif. C’est une structure qui privilégie la rapidité business sur les procédures diplomatiques actuelles.
Le 19 février, le BoP a réuni 49 délégations, dont 27 membres officiels ayant un statut de décision (parmi lesquels en Europe : Hongrie, Bulgarie, Albanie, Kosovo) et 22 observateurs (Inde, Royaume-Uni, Suisse, Norvège, l’Union européenne elle-même, et 12 de ses états membres : Allemagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Autriche, Grèce, Chypre, Roumanie, République Tchèque, Finlande, Slovaquie, Croatie). On peut trouver ailleurs les autres membres des 27 qui ont signé la charte et participent aux opérations. Les grands absents qui ont décliné l’invitation pour marquer leur soutien à l’ONU ou par opposition diplomatique : France, Chine, Russie, Canada, Mexique, Le Vatican.
La France se trouve aujourd’hui dans une posture de résistance diplomatique vis-à-vis du BoP : la remise en cause du multilatéralisme (le risque de substitution, le danger de vider l’ONU de sa substance, et la primauté du Conseil de Sécurité par rapport à une entité privée), le Droit de la Force contre la Force du Droit, la fragmentation de la cohésion européenne (le BoP agit comme un puissant diviseur au sein de l’Union européenne).
Oui, l’adhésion de certains pays de l’Europe de l’Est constitue une brèche politique et institutionnelle majeure au sein de l’UE : l’UE ne parle plus d’une seule voix, il n’y a plus de consensus commun (la Hongrie et la Bulgarie ont rejoint le BoP en tant que membres de plein droit), et l’adhésion de ces pays crée une asymétrie au sein d l’UE. Ce n’est pas seulement une brèche, c’est un laboratoire pour la stratégie de division de l’administration Trump.
D’autres pays de l’Est sont tiraillés entre leur besoin de protection militaire américaine et leur loyauté envers les règles de l’UE. Comment l’UE pourrait recadrer ses Etats membres lors du prochain Conseil européen ? A Bruxelles, la situation est tendue, l’UE doit faire face à un défi majeur à la cohésion européenne. La riposte concernera trois fronts : le rappel au Devoir de Coopération Sincère (l’article 4 du Traité sur l’UE) par lequel les Etats membres ont l’obligation de s’abstenir de toute mesure susceptible de mettre en péril la réalisation des objectifs de l’UE et l’argument juridique (violer le devoir de loyauté) ; le contrôle du mandat de représentation - la Commission n’avait aucun mandat des Etats membres pour engager l’UE même comme observatrice ; le levier financier (qui reste le plus puissant), à savoir la menace de sanctions budgétaires indirectes.
Si l’UE ne réussit pas à discipliner ses membres, elle risque de devenir un spectateur financier : elle payerait pour la reconstruction décidée par le BoP, sans avoir eu de voix au chapitre sur la stratégie politique.
J’ai écouté la déclaration du président roumain à Washington. Il a précisé que la Roumanie avait le statut d’observateur (pour le moment…), mais qu’elle pouvait apporter son expertise dans la reconstruction, et a même énuméré quelques domaines d’expertise que je n’aurais pas imaginés. S’il le dit…
18:09 Publié dans Actualités, Enjeux, information, Presse, RO-EU-USA/Coopération | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : board of peace, etats-unis, adhésion ue, onu |
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